Le Nigeria face au défi de transformer son potentiel économique en projets bancables

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Le Nigeria face au défi de transformer son potentiel économique en projets bancables

Le Nigeria ne souffre pas d'un manque de liquidités, mais d'une pénurie d'opportunités d'investissement suffisamment structurées pour absorber les capitaux disponibles. Lors du Forum des PDG du UN Global Compact Network Nigeria, les acteurs économiques et politiques ont souligné la nécessité impérieuse de passer d'une logique de simple promotion de potentiel à une stratégie de création de projets bancables et de réformes structurelles.

La nécessité d'une lisibilité politique et sécuritaire

Pour attirer les investisseurs, les autorités doivent désormais adopter une approche proactive en identifiant les freins réels à l'investissement, qu'il s'agisse de sécurité, d'infrastructures énergétiques ou de lourdeurs administratives. L'État de Zamfara illustre cette nouvelle dynamique : en mettant en place un plan de développement décennal (2025-2034) et en s'appuyant sur des données géophysiques précises, l'État a réussi à attirer des investisseurs chinois et émiratis dans les secteurs du lithium et du solaire. Cette stratégie, axée sur la transformation locale et la montée en compétences, a permis une hausse significative des revenus générés en interne, passant de 90 millions à 45 milliards de nairas mensuels.

Le défi de la bancarisation et de la résilience financière

Le secteur bancaire nigérian, bien qu'en progression, fait face à un paradoxe : si 84 % des adultes possèdent un téléphone mobile, la résilience financière reste faible. Selon les données partagées par First Bank of Nigeria, seulement 43 % des citoyens épargnent de manière formelle. Le défi ne réside plus seulement dans l'accès aux services financiers, mais dans la capacité des petites entreprises à devenir « finançables ». De nombreux entrepreneurs peinent encore à maîtriser les outils de gestion de base, tels que la comptabilité et la séparation des finances personnelles et professionnelles, freinant ainsi l'octroi de crédits.

Réorienter les capitaux institutionnels vers l'économie réelle

Le secteur des pensions, qui cumule environ 32 000 milliards de nairas, illustre la difficulté de mobiliser l'épargne longue vers le développement. Actuellement, près de 70 % de ces fonds sont investis dans des obligations d'État, tandis que moins de 5 % sont alloués aux infrastructures ou à l'immobilier. Pour les experts, la solution repose sur la conception de projets capables de garantir un retour sur investissement viable. Cette exigence de rentabilité est également au cœur du secteur énergétique, où la modernisation des réseaux de distribution nécessite des investissements massifs, conditionnés par une certitude politique et des tarifs permettant aux opérateurs de couvrir leurs coûts opérationnels.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.