Le Nigeria Labour Congress (NLC) a officiellement rejeté la réponse du gouvernement fédéral concernant ses revendications économiques, faisant planer la menace d'un mouvement de grève. Alors qu'un ultimatum de 14 jours arrive à son terme, le syndicat juge les propositions de l'exécutif insuffisantes face à l'érosion du pouvoir d'achat des travailleurs.
Un désaccord profond sur le calendrier salarial
Au cœur du conflit se trouve l'interprétation de la loi sur le salaire minimum. Le gouvernement soutient que le seuil actuel de 70 000 nairas, adopté en juillet 2024, ne pourra être révisé qu'en juin 2027, conformément à un cycle triennal. Une position jugée « prématurée » par les autorités, qui craignent de déstabiliser le système actuel. Le NLC conteste fermement cette lecture juridique, arguant que le cycle de négociation doit être calculé sur la base de la loi initiale de 2019. Pour le syndicat, entamer les discussions dès maintenant est une nécessité administrative pour éviter l'accumulation d'arriérés, et non une demande d'application immédiate d'un nouveau salaire.
Inflation et inefficacité des mesures d'atténuation
Le NLC souligne que l'augmentation nominale du salaire minimum a été neutralisée par une inflation galopante et la dépréciation du naira. Le syndicat qualifie les récentes mesures gouvernementales, telles que l'initiative sur le gaz comprimé (CNG), d'illusoires face à la réalité du terrain. Selon le NLC, le manque d'infrastructures et de kits de conversion rend ces solutions inopérantes pour les ménages les plus précaires. Le syndicat exige désormais des mesures concrètes : une baisse des prix du carburant, l'application d'allègements fiscaux promis en 2023 et des primes de vie chère immédiates.
L'impasse du dialogue social
Si le ministère du Travail a fait preuve d'une réactivité inhabituelle en répondant rapidement au communiqué syndical, le NLC dénonce une « vitesse sans substance ». Le syndicat insiste sur le fait que le dialogue ne peut se limiter à des échanges épistolaires sans calendrier précis ni engagements tangibles. Outre la question salariale, le NLC réclame la résolution des litiges en suspens avec les syndicats du secteur de la santé (JOHESU) et du secteur public (JPSNC). À l'approche de l'échéance de l'ultimatum, la capacité du gouvernement à proposer des mesures d'urgence sera déterminante pour maintenir la paix sociale dans le pays.