Le Nigeria face à une hausse préoccupante de la létalité de la fièvre de Lassa en 2026

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Le Nigeria face à une hausse préoccupante de la létalité de la fièvre de Lassa en 2026

Le Nigeria enregistre une recrudescence inquiétante de la fièvre de Lassa en 2026, marquée par un taux de létalité en forte progression. Avec 258 décès recensés depuis le début de l'année, les autorités sanitaires font face à un défi majeur de santé publique exacerbé par des retards de prise en charge et des contraintes structurelles.

Une létalité en hausse constante

Le dernier rapport du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC) fait état de 1 074 cas confirmés pour l'année 2026. La situation est particulièrement alarmante concernant le taux de létalité, qui s'établit désormais à 24 %, contre 18,6 % sur la même période en 2025. Cette hausse souligne la difficulté croissante à endiguer la mortalité liée à cette fièvre hémorragique virale, malgré les efforts de surveillance déployés dans les 24 États touchés par l'épidémie.

Une concentration géographique et démographique

L'épidémie frappe de manière inégale le territoire nigérian. Cinq États, à savoir Ondo, Bauchi, Taraba, Edo et Benue, concentrent à eux seuls 86 % des cas confirmés. L'analyse des données révèle que la population active, particulièrement la tranche d'âge des 21 à 30 ans, est la plus exposée. Si le ratio hommes-femmes reste équilibré, la persistance de foyers infectieux dans ces régions souligne l'urgence d'améliorer l'assainissement environnemental et la sensibilisation des communautés locales.

Les freins à une prise en charge efficace

Le NCDC identifie plusieurs facteurs critiques expliquant cette mortalité élevée. Le recours tardif aux soins, souvent lié à des barrières financières ou à une méconnaissance des symptômes, compromet les chances de survie des patients. Par ailleurs, la protection du personnel soignant demeure une priorité : 54 agents de santé ont été infectés depuis janvier. Bien qu'aucune nouvelle contamination parmi le personnel n'ait été signalée lors de la 35e semaine épidémiologique, le risque professionnel reste une préoccupation majeure pour la continuité des soins.

Stratégies de réponse et protection des soignants

Face à cette situation, le gouvernement nigérian, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des CDC américains, a déployé des équipes d'intervention rapide dans les États les plus touchés. Un plan de protection des travailleurs de santé, d'une durée de 30 jours, a été mis en place pour renforcer les protocoles de prévention et de contrôle des infections. L'agence insiste désormais sur la nécessité pour les structures hospitalières de maintenir un haut niveau de vigilance clinique afin de permettre un diagnostic précoce, condition sine qua non pour réduire le taux de mortalité actuel.

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