Le Nigeria face à une crise de l'essence : la production locale s'effondre de 20,6 % en juillet

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Le Nigeria face à une crise de l'essence : la production locale s'effondre de 20,6 % en juillet

En juillet 2026, la production nationale d’essence au Nigeria a chuté de 20,6 %, passant à 25,8 millions de litres par jour, tandis que les importations ont légèrement augmenté, révélant une dépendance croissante aux approvisionnements extérieurs. Cette baisse, la plus forte en sept mois, s’inscrit dans un contexte de fluctuations persistantes du secteur pétrolier nigérian, où la production locale peine à se stabiliser malgré des pics ponctuels.

Une production locale en chute libre depuis le début de l’année

Les données du Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) montrent que la production d’essence issue des raffineries locales a connu une trajectoire erratique en 2026. Après un pic à 41,5 millions de litres par jour en mai, elle a reculé de 21,7 % en juin, puis de 20,6 % en juillet, atteignant son niveau le plus bas depuis janvier. Cette chute de 37,1 % par rapport à janvier (40,1 millions de litres) souligne l’incapacité des raffineries nigérianes à maintenir une production stable, malgré des capacités théoriques bien supérieures.

Les importations, bouée de sauvetage mais insuffisantes

Face à l’effondrement de la production locale, les importations ont joué un rôle clé pour limiter l’impact sur l’approvisionnement national. Elles ont augmenté de 8,8 % en juillet, passant à 19,7 millions de litres par jour, contre 18,1 millions en juin. Cependant, ce volume reste inférieur de 20,6 % à celui de janvier (24,8 millions de litres), révélant une dépendance accrue mais toujours insuffisante pour compenser pleinement le déficit local. Le mois de février a illustré cette fragilité : les importations avaient alors chuté de 87,9 %, plongeant le pays dans une crise d’approvisionnement avec un total de seulement 32,4 millions de litres par jour.

Un bilan contrasté sur sept mois

Sur la période de janvier à juillet 2026, la production locale a oscillé entre 25,8 millions et 41,5 millions de litres par jour, tandis que les importations ont varié de 3 millions à 24,8 millions de litres. Le mois de juin a marqué un tournant avec une hausse spectaculaire des importations (+206,8 % par rapport à mai), permettant de compenser partiellement la baisse de la production locale. En juillet, malgré cette dynamique, le total de l’essence disponible (45,5 millions de litres) reste en dessous de la moyenne de juin (50,6 millions), confirmant une tendance à la dégradation de l’autosuffisance énergétique nigériane.

Quelles perspectives pour le secteur ?

Cette situation met en lumière les défis structurels du Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique, mais dont les raffineries locales peinent à fonctionner à pleine capacité. Les fluctuations observées depuis le début de l’année suggèrent des problèmes récurrents : maintenance insuffisante, pénuries de pièces détachées ou encore manque d’investissements dans les infrastructures. À moyen terme, cette dépendance aux importations pourrait peser sur les réserves de change du pays et aggraver les tensions sur les prix à la pompe, déjà sensibles aux variations du marché international. Les autorités nigérianes devront rapidement identifier les causes de cette instabilité pour éviter une crise durable de l’approvisionnement en carburant.

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