Le Nigeria fait face à une dégradation préoccupante de ses cours d'eau, sous l'effet conjugué de l'urbanisation galopante, du déversement d'eaux usées non traitées et de pratiques industrielles et agricoles non durables. À l'occasion de la Journée mondiale des rivières, le ministre des Ressources en eau et de l'Assainissement, Joseph Utsev, a souligné l'urgence d'une stratégie nationale coordonnée pour préserver ces ressources vitales.
Une pression anthropique croissante sur les écosystèmes
Les rivières nigérianes subissent une pression multifactorielle qui menace directement la biodiversité et les moyens de subsistance des populations. Le ministre a identifié le rejet de déchets solides, le ruissellement agricole, l'extraction de sable et le déversement d'effluents industriels comme les principaux vecteurs de pollution. Ces activités, aggravées par les effets du changement climatique, altèrent la qualité de l'eau nécessaire à l'agriculture, à la pêche et à l'approvisionnement domestique.
L'impératif d'une gestion intégrée des bassins versants
Face à ces défis, le gouvernement fédéral mise sur le renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau. Cette approche nécessite une collaboration étroite entre les différents échelons administratifs, du niveau fédéral aux autorités locales, en passant par le secteur privé et la société civile. L'enjeu est de taille : les activités menées en amont ont des répercussions directes sur les communautés situées en aval, rendant indispensable une gouvernance partagée des bassins versants.
Assainissement et santé publique : un lien indissociable
Le ministre a insisté sur le fait qu'aucune politique de protection des rivières ne peut aboutir sans une amélioration drastique de l'assainissement. Le déversement d'eaux usées et la défécation à l'air libre constituent des menaces directes pour la santé publique. Dans ce cadre, le ministère intensifie la campagne « Clean Nigeria: Use the Toilet » tout en investissant dans la collecte et l'analyse de données scientifiques sur la qualité de l'eau. L'objectif est de passer à une gestion fondée sur des preuves pour anticiper les risques sanitaires et sécuriser l'avenir des écosystèmes fluviaux du pays.