Le Nigeria face à l'urgence sanitaire des morsures de serpent : un défi de santé publique majeur

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 9 lectures
Le Nigeria face à l'urgence sanitaire des morsures de serpent : un défi de santé publique majeur

Le Nigeria enregistre chaque année environ 43 000 cas de morsures de serpent, entraînant entre 1 099 et 2 500 décès. Face à ce bilan alarmant, des experts réunis lors d'un atelier national à Lagos soulignent l'urgence de structurer la prise en charge médicale et de renforcer la sensibilisation des populations les plus exposées.

Une pathologie sous-estimée dans les zones rurales

Considérée comme une maladie tropicale négligée, la morsure de serpent frappe particulièrement les agriculteurs, les éleveurs, les chasseurs et les enfants. Les États de Gombe, Plateau, Bauchi, Benue et Taraba, situés dans le creux du Niger-Bénoué et la savane soudanaise, sont les plus touchés. La vipère tapis est responsable de près de 66 % des décès recensés dans le pays. Les risques augmentent significativement durant les saisons des pluies et les périodes de récolte, moments où les interactions entre l'homme et la faune sont les plus fréquentes.

Les obstacles à une prise en charge efficace

La mortalité élevée est exacerbée par plusieurs facteurs structurels : le coût prohibitif de l'antivenin, qui oscille entre 170 000 et 250 000 nairas par flacon, ainsi que l'insuffisance des infrastructures de santé et des services de banques de sang. Les experts alertent également sur les dangers des pratiques de premiers secours inadaptées, telles que l'application de garrots, les incisions sur la plaie ou le recours à des remèdes traditionnels. Ces méthodes retardent l'accès aux soins hospitaliers, pourtant déterminant pour éviter des complications graves comme la paralysie respiratoire ou des lésions rénales irréversibles.

Vers une cohabitation sécurisée avec la faune

Au-delà de la gestion médicale, les spécialistes prônent une meilleure compréhension de l'écosystème. Le Dr Joseph Onoja, directeur général de la NCF, rappelle que les serpents jouent un rôle crucial dans la régulation des populations de rongeurs, limitant ainsi la propagation de maladies comme la fièvre de Lassa. La recommandation est claire : éviter toute tentative de capture ou de mise à mort des reptiles. En cas de morsure, la priorité absolue reste l'immobilisation du membre touché et le transfert immédiat vers un centre hospitalier équipé, seul capable d'administrer un traitement antivenimeux approprié sous surveillance médicale.

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