Le consulat général du Nigeria à Johannesburg a officiellement réclamé l'ouverture d'une enquête approfondie suite au décès de Chimezie Odueze, un ressortissant nigérian survenu le 9 octobre dernier au Cap. Les autorités consulaires dénoncent des allégations de torture par des agents du Service de police sud-africain (SAPS), un incident qui ravive les tensions diplomatiques et les inquiétudes concernant la sécurité des étrangers dans le pays.
Les circonstances d'une interpellation fatale
Selon les informations communiquées par le consulat, Chimezie Odueze a été appréhendé dans un centre commercial du quartier de Parklands, à Cape Town, sous le soupçon de possession de stupéfiants. Les forces de l'ordre ont ensuite conduit le suspect à son domicile pour une perquisition. Bien qu'aucune substance illicite n'ait été découverte lors de cette opération, le ressortissant nigérian est décédé peu après, dans des conditions que ses proches et les autorités diplomatiques qualifient de torture.
Une récurrence inquiétante des violences policières
Pour la diplomatie nigériane, ce drame n'est pas un cas isolé. Le consul général, Ninikanwa Okey-Uche, a souligné que ces signalements répétés d'exécutions extrajudiciaires entachent la relation bilatérale et posent un problème structurel de sécurité pour les ressortissants étrangers. Le consulat a rappelé plusieurs décès survenus ces derniers mois dans des conditions similaires, impliquant des citoyens nigérians, sans qu'aucune arrestation n'ait été signalée à ce jour par les autorités sud-africaines.
Appel au respect des procédures judiciaires
Face à cette situation, le Nigeria insiste sur l'impératif de respecter l'État de droit. Le consulat a fermement condamné la tendance à la stigmatisation des Nigérians, tout en exhortant les autorités sud-africaines à garantir un procès équitable à tout suspect, conformément aux procédures légales en vigueur. Parallèlement, les autorités consulaires ont appelé la communauté nigériane en Afrique du Sud à faire preuve de retenue et de vigilance, dans un contexte marqué par des menaces persistantes et des épisodes de violence xénophobe ayant déjà conduit au rapatriement de plus de 1 600 Nigérians depuis avril.