Le Nigeria exige la transparence sur plus de 1 600 milliards de nairas manquants à la Banque centrale

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Le Nigeria exige la transparence sur plus de 1 600 milliards de nairas manquants à la Banque centrale

La pression s'accentue sur la Banque centrale du Nigeria (CBN). L'organisation Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP) a formellement sommé le gouverneur Olayemi Cardoso de justifier, sous sept jours, la gestion de plus de 1 630 milliards de nairas et de 6,23 millions de dollars, dont la trace semble perdue dans les comptes de l'institution.

Des irrégularités financières massives

Ces soupçons de détournements et de mauvaise gestion reposent sur le second volume du rapport annuel 2023 de l'Auditeur général de la Fédération, publié en août 2026. L'audit met en lumière des failles critiques dans la gestion des ressources publiques sur l'année 2023. Parmi les sommes en question figurent 1 250 milliards de nairas de prêts d'intervention non recouvrés auprès des États, 116,18 milliards de nairas de créances sur des banques en liquidation, ainsi que 262,86 milliards de nairas alloués au programme « Anchor Borrowers’ », destiné au soutien agricole.

Le mystère des fonds électoraux

Le volet le plus sensible concerne 6,23 millions de dollars liés à une demande de financement électoral attribuée à l'ancien président Muhammadu Buhari. L'audit interne de la CBN aurait confirmé que ces fonds ont été décaissés, mais l'institution n'a pas été en mesure de présenter les rapports d'enquête ou les justificatifs nécessaires aux auditeurs. Cette opacité alimente les craintes d'une utilisation frauduleuse de deniers publics à des fins politiques, une pratique que le SERAP qualifie de violation grave des lois anti-corruption nigérianes.

Exigence de reddition de comptes

Au-delà de ces montants, le rapport pointe une gestion défaillante des actifs de la banque, incluant des stocks de billets de banque non examinés et l'abandon de véhicules de service, notamment des fourgons blindés, dans plusieurs agences. Le SERAP insiste sur le fait que l'indépendance institutionnelle de la CBN ne saurait constituer une immunité contre le contrôle constitutionnel. L'organisation demande désormais une réconciliation financière indépendante et le transfert des dossiers suspects aux agences de lutte contre la corruption, comme l'EFCC et l'ICPC.

Un enjeu de confiance institutionnelle

Pour le SERAP, cette affaire dépasse le cadre comptable : elle touche aux fondements de la démocratie nigériane. L'absence de transparence sur ces flux financiers compromet non seulement la stabilité économique, mais aussi la confiance des citoyens envers les institutions de régulation. En cas d'inaction de la part de la direction de la CBN, l'organisation a d'ores et déjà annoncé son intention d'engager des poursuites judiciaires pour contraindre l'institution à respecter ses obligations légales de transparence et de restitution des fonds publics.

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