La détection d'un premier cas d'Ebola à Abuja, au Nigeria, chez une voyageuse en provenance d'Ouganda, ravive les inquiétudes sur une possible propagation du virus à travers le continent. Cette alerte intervient alors que le Kenya fait face à un cluster de neuf cas et que la République démocratique du Congo (RDC) lutte contre une épidémie majeure.
Le dispositif de traçage activé au Nigeria
Le ministère nigérian de la Santé et de la Protection sociale a confirmé le diagnostic après l'admission de la patiente dans un hôpital privé d'Abuja le 11 octobre, suite à l'apparition de symptômes quatre jours plus tôt. Le ministre Muhammad Pate a immédiatement annoncé le lancement d'une opération de recherche des contacts. Au total, 44 personnes ayant été en lien avec la patiente sont actuellement recherchées par les autorités sanitaires afin de contenir tout risque de transmission locale.
La situation sous contrôle au Kenya
De son côté, le Kenya a enregistré un neuvième cas, un homme de 24 ans déjà placé en quarantaine en tant que proche parent du premier patient décédé à Nairobi le 5 octobre. Le directeur général de la Santé, Patrick Amoth, a précisé que ce groupe constitue un cluster isolé, sans preuve de transmission communautaire à ce jour. Huit des neuf patients présentent un état stable. La majorité des 135 personnes placées sous surveillance devraient terminer leur période d'isolement de 21 jours d'ici le 25 octobre, sans risque pour leurs communautés. Malgré ces cas, le gouvernement kényan maintient l'ouverture des frontières et n'a imposé aucune restriction sur les échanges commerciaux ou les rassemblements publics.
Un défi sanitaire majeur en RDC
La vigilance est d'autant plus accrue que la RDC affronte une épidémie d'une ampleur inédite, avec plus de 9 000 cas et 4 000 décès recensés depuis mai. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, il s'agit de la deuxième plus grande épidémie jamais enregistrée. La difficulté de la riposte réside principalement dans la nature de la souche virale, le Bundibugyo, pour laquelle il n'existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Cette situation souligne l'urgence d'une coordination régionale renforcée pour endiguer la circulation du virus entre les pays touchés.