Face à la nécessité de réduire les coûts de production agricole, le gouvernement fédéral nigérian étudie le déploiement de stations mobiles de ravitaillement en Gaz Naturel Comprimé (GNC). Cette stratégie vise à fournir une alternative énergétique abordable aux agriculteurs des zones reculées, où l'installation de structures permanentes reste économiquement complexe pour le secteur privé.
Une alternative au diesel pour l'irrigation
Le projet, porté par l'Initiative présidentielle sur le GNC et les véhicules électriques (Pi-CNG & EV), répond à une demande croissante émanant des régions agricoles, notamment dans le nord du pays. Selon Ismaeel Ahmed, directeur de l'initiative, les agriculteurs cherchent activement à remplacer le diesel et l'essence par le GNC pour alimenter leurs pompes d'irrigation. À titre d'exemple, l'État de Jigawa pourrait voir plus de deux millions d'exploitants bénéficier de cette transition. Les pompes mécaniques alimentées au gaz offrent une capacité opérationnelle supérieure, couvrant jusqu'à trois hectares contre un seul pour les solutions solaires actuelles.
Les défis logistiques et réglementaires
Malgré l'ambition affichée par l'administration du président Bola Tinubu, le déploiement se heurte à des obstacles structurels. L'approvisionnement en gaz et la lenteur des procédures d'octroi de licences pour les stations de distribution constituent les principaux freins. Le gouvernement appelle désormais l'autorité de régulation du secteur pétrolier (NMDPRA) à accélérer les processus administratifs, tout en maintenant des normes de sécurité strictes, indispensables à la manipulation des infrastructures gazières.
Un écosystème énergétique en mutation
Cette réflexion sur le GNC s'inscrit dans un cadre plus large de réformes énergétiques discutées lors du forum « Promise to Proof ». Le pays mise également sur le développement de 1 350 mini-réseaux électriques pour un investissement de 750 millions de dollars afin de combler les lacunes d'accès à l'électricité. Parallèlement, le secteur pétrolier cherche à relancer ses capacités de raffinage, avec plus de 26 raffineries désormais sous licence, dans l'espoir de sécuriser les réserves nationales de carburant et de stabiliser les prix pour les ménages et les entreprises.