Les banques nigérianes ont drastiquement réduit leurs emprunts auprès de la Banque centrale du Nigeria (CBN), signe d’un assouplissement sans précédent de la liquidité dans le système bancaire. En août 2026, les prêts accordés via la facilité de prêt permanent (SLF) ont chuté de 89 %, passant de 1 190 milliards de nairas en juillet à seulement 126 milliards. Une évolution qui pourrait se répercuter sur les taux de crédit pour les entreprises et les particuliers.
Une liquidité bancaire en forte hausse, un signal positif pour l’économie
Cette baisse spectaculaire des emprunts des banques auprès de la CBN reflète une amélioration significative de la liquidité dans le secteur financier nigérian. En août 2026, les dépôts des banques auprès de la facilité de dépôt permanent (SDF) de la CBN ont également reculé de 1,14 %, passant de 83 950 milliards à 82 990 milliards de nairas. Ces deux indicateurs confirment une tendance à la normalisation des flux financiers, après des mois de tensions sur les liquidités.
Des mécanismes de prêt et de dépôt sous tension
La CBN dispose de deux outils principaux pour réguler la liquidité bancaire : la facilité de prêt permanent (SLF) et les accords de pension (Repo). Le SLF, facturé à un taux majoré de 500 points de base par rapport au taux directeur (MPR), reste un recours pour les banques en manque de fonds. Le Repo, quant à lui, permet à la banque centrale d’acheter des titres bancaires avec promesse de rachat à une date ultérieure et à un prix plus élevé. À l’inverse, la SDF permet aux banques de placer leurs excédents de trésorerie auprès de la CBN, mais à un taux inférieur au MPR.
Un taux directeur inchangé, mais des effets concrets sur les crédits
Malgré le maintien du taux directeur (MPR) à 26,5 % en août 2026, la réduction des emprunts bancaires auprès de la CBN suggère une baisse des coûts de financement pour les établissements financiers. Cette dynamique pourrait, à terme, se traduire par un relâchement des conditions de crédit pour les entreprises et les ménages, stimulant ainsi l’activité économique. Une évolution à suivre de près dans un contexte où l’inflation et la croissance restent des enjeux majeurs pour le Nigeria.