Le gouvernement nigérian a annoncé le lancement prochain de cinq réformes fiscales stratégiques destinées à transformer l'environnement des affaires et à favoriser une croissance durable. Présenté par le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, lors du Forum des investisseurs nigérians à Bangkok, ce plan vise à lever les obstacles structurels qui freinent actuellement le potentiel économique du pays.
Priorités sectorielles : agriculture et énergie
Le gouvernement place l'agriculture et l'énergie au cœur de son dispositif de redressement. Face à une inflation largement alimentée par les coûts alimentaires, l'exécutif entend identifier précisément les goulots d'étranglement de la chaîne de valeur agricole. Parallèlement, le secteur énergétique fait l'objet d'une attention particulière : le ministre a souligné l'incompatibilité entre l'objectif d'une économie à mille milliards de dollars et les carences actuelles du réseau électrique. Les leviers envisagés incluent une tarification reflétant les réalités du marché et une optimisation du transport de l'électricité pour accroître l'efficacité globale du système.
Allègement du fardeau réglementaire
Un axe majeur de cette stratégie concerne la simplification administrative. Le gouvernement reconnaît que l'excès de réglementation et le manque de clarté des normes pèsent plus lourdement sur les entreprises que le cumul des recettes fiscales (impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu et TVA). En développant un nouveau cadre de politique économique, les autorités cherchent à créer une situation gagnant-gagnant où la réduction des contraintes bureaucratiques stimulera le secteur privé tout en sécurisant les revenus de l'État.
Transparence et fiabilité des données
La gestion des données fiscales constitue le cinquième pilier de cette réforme. Le ministre a déploré l'absence de chiffres harmonisés, citant des écarts persistants entre les estimations du gouvernement, de la Banque mondiale et du FMI, notamment sur le ratio impôts/PIB. Pour remédier à cette opacité, le ministère des Finances s'engage à centraliser et à publier des données crédibles et actualisées sur son portail officiel. Cette démarche vise à renforcer la confiance des investisseurs internationaux en offrant une visibilité accrue sur les indicateurs macroéconomiques du pays.
Une coordination intergouvernementale renforcée
Contrairement aux déclarations d'intention passées, le gouvernement insiste sur le caractère opérationnel de ce plan. Le ministère des Finances assure la coordination d'une feuille de route où chaque entité, y compris les gouvernements infranationaux, se voit attribuer des rôles et des responsabilités assortis de calendriers précis. L'objectif affiché est de ramener l'inflation à un chiffre et de maintenir cette stabilité sur le long terme, en s'appuyant sur une approche concertée entre les différents niveaux de l'administration nigériane.