Face à la persistance du torchage de gaz, la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) a annoncé un durcissement de sa politique de régulation. L'autorité menace désormais de révoquer les concessions des entreprises qui n'auraient pas réalisé de progrès significatifs dans l'exploitation des sites alloués dans le cadre du programme national de commercialisation du gaz.
Des sanctions pour garantir l'efficacité du NGFCP
Le programme nigérian de commercialisation du gaz torché (NGFCP) est au cœur de la stratégie énergétique du pays. Sur les 43 sites initialement identifiés, 27 ont déjà été attribués à des opérateurs. Toutefois, la NUPRC a instauré un mécanisme d'évaluation rigoureux : un an après l'octroi d'un site, une revue de performance est effectuée. Si les progrès sont jugés insuffisants, la Commission se réserve le droit de retirer l'attribution, une mesure destinée à transformer une pratique polluante en un levier de croissance économique.
Un enjeu de souveraineté et de développement industriel
Avec des réserves prouvées dépassant les 215 trillions de pieds cubes (TCF) et un potentiel total estimé à 600 TCF, le Nigeria cherche à mettre fin au gaspillage de ses ressources. Le ministre d'État aux Ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, a souligné l'urgence de cette transition. L'objectif est clair : convertir le gaz actuellement brûlé en produits et services capables d'alimenter la production électrique et de soutenir l'industrialisation nationale, avec pour horizon 2030 l'arrêt total du torchage routinier.
La dynamique des fonds de développement communautaire
Parallèlement à la gestion des ressources gazières, la NUPRC fait état d'avancées dans le cadre des « Host Community Development Trusts », instaurés par la loi sur l'industrie pétrolière (PIA). Ce dispositif vise à pacifier les relations entre les opérateurs et les populations locales tout en favorisant le développement durable. À ce jour, 173 trusts ont été constitués et 147 ont déjà reçu des financements. Plus de 200 projets ont été finalisés, contribuant, selon les autorités, à une diminution notable des incidents liés au vol de pétrole et aux déversements accidentels, renforçant ainsi la stabilité opérationnelle du secteur.