Le Centre for the Promotion of Private Enterprise (CPPE) a officiellement apporté son soutien aux réformes économiques engagées par le gouvernement nigérian depuis juin 2023. Si l'organisation reconnaît une amélioration des indicateurs macroéconomiques, elle insiste sur la nécessité impérative de transformer ces acquis en une croissance inclusive et une productivité accrue pour les citoyens.
De la stabilisation macroéconomique à l'impact réel
Le CPPE souligne que les mesures prises, notamment la suppression des subventions sur l'essence et la libéralisation du marché des changes, ont permis de renforcer les finances publiques et de stabiliser les réserves extérieures. Avec une croissance du PIB réel atteignant 3,89 % au premier trimestre 2026, contre 3,13 % l'année précédente, les fondations semblent consolidées. Toutefois, Muda Yusuf, PDG du centre, rappelle que la stabilité n'est qu'un moyen et non une fin en soi. L'enjeu majeur réside désormais dans la capacité de l'administration à traduire ces chiffres en emplois, en investissements productifs et en une baisse effective de la pauvreté.
La responsabilité des États dans l'utilisation des ressources
La réforme a mécaniquement augmenté les revenus des États fédérés, qui ont bénéficié d'une part importante des 15,8 billions de nairas d'économies réalisées sur les subventions. Le CPPE appelle les gouvernements locaux à une transparence accrue : ces ressources supplémentaires ne doivent pas servir à financer des dépenses de fonctionnement ou des projets de prestige, mais à transformer les services publics. Les citoyens sont encouragés à exiger des résultats mesurables dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des infrastructures routières et de la sécurité.
Lever les obstacles structurels à la production
Pour la prochaine phase des réformes, le CPPE identifie des leviers critiques pour stimuler l'économie réelle. Le coût élevé de l'énergie, les difficultés logistiques et l'accès restreint à un financement abordable freinent encore le secteur privé. Le centre pointe notamment la contraction de 15,3 % du secteur de l'électricité au premier trimestre 2026 comme un signal d'alarme. Une meilleure coordination entre les autorités fiscales et monétaires est jugée nécessaire pour réduire les taux d'intérêt, tout en maintenant une politique commerciale qui protège les industries locales contre une concurrence déloyale.
Maintenir le cap malgré les ajustements nécessaires
Malgré les pressions inflationnistes et la hausse du coût de la vie que subissent les ménages, le CPPE met en garde contre toute tentation de retour en arrière. Un abandon des réformes risquerait de fragiliser la confiance des investisseurs et de déstabiliser le marché des changes. L'organisation préconise plutôt une approche agile, où les instruments de réforme sont continuellement ajustés en fonction des réalités du terrain et de leur impact social, afin de garantir une transition durable vers une économie plus compétitive.