La Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) a mis au jour l'existence d'une agence fantôme opérant illégalement au sein même des locaux du Secrétariat du gouvernement de la Fédération (SGF) à Abuja. Cette découverte a entraîné la suspension immédiate de trois secrétaires permanents par le président Bola Tinubu, marquant une volonté de renforcer l'intégrité de l'appareil d'État.
Une infiltration au cœur de l'appareil administratif
L'entité, baptisée « National Brands Development and Made in Nigeria Special Project Office », avait réussi à obtenir des espaces de bureaux au sein du Secrétariat du gouvernement. Selon le président de l'ICPC, le Dr Musa Adamu Aliyu, cette structure frauduleuse était dirigée par un individu identifié sous plusieurs alias, dont Prince George Buchi Nwabueze. La facilité avec laquelle cette agence a pu s'implanter dans une enceinte aussi sécurisée et stratégique souligne des failles procédurales majeures au sein de la haute administration nigériane.
Sanctions contre les hauts fonctionnaires
En réponse à ces révélations, le président Bola Tinubu a ordonné l'arrestation immédiate du promoteur de cette agence fictive. Parallèlement, une mesure conservatoire a été prise à l'encontre de trois secrétaires permanents : M.S. Danjuma, Engr. Nadungu Gagare et Richard P. Pheelangwah. Ces suspensions visent à permettre le bon déroulement des investigations sur les complicités internes ayant permis l'installation de cette structure illégale.
Enjeux de gouvernance et intégrité publique
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les irrégularités au sein des institutions fédérales, notamment après la découverte récente d'une autre entité suspecte, le « Presidential Foreign Intervention Promotion Council » (PFIPC). L'ICPC poursuit actuellement ses échanges avec le bureau du SGF pour identifier les mécanismes ayant permis ces infiltrations. L'enquête, placée sous la supervision directe de la présidence, cherche désormais à déterminer l'ampleur des dommages causés par ces agences fictives et à colmater les brèches sécuritaires et administratives qui ont rendu cette fraude possible.