Après deux décennies de blocage administratif, le gouvernement nigérian a enclenché le processus de décaissement du Cabotage Vessel Financing Fund (CVFF). Cette initiative, portée par le ministère de l'Économie marine et bleue, vise à renforcer la compétitivité des armateurs locaux face aux opérateurs étrangers tout en dynamisant l'emploi national.
Accélération des procédures de financement
Le ministre Adegboyega Oyetola a ordonné à l'Agence nigériane d'administration et de sécurité maritimes (NIMASA) de collaborer étroitement avec les 12 institutions financières agréées pour accélérer le traitement des dossiers. Sur les 92 demandes reçues via le portail dédié, 20 ont déjà été transmises aux banques partenaires, et une première demande a franchi l'étape de l'examen final pour approbation. Cette montée en puissance, soutenue par l'élargissement du réseau bancaire de 5 à 12 établissements, marque une volonté politique claire de rendre le fonds opérationnel.
Modernisation de la flotte et souveraineté économique
Le CVFF est conçu comme un levier de financement à long terme et à taux réduit. L'objectif est de permettre aux entreprises nigérianes d'acquérir des navires modernes, essentiels pour remporter des contrats de cabotage et offshore. En réduisant la dépendance vis-à-vis des flottes étrangères, le gouvernement espère conserver une part plus importante des revenus maritimes au sein de l'économie nationale. Selon les projections ministérielles, cette relance pourrait générer plus de 30 000 emplois directs et indirects, notamment dans la construction navale, l'ingénierie marine et la logistique.
Renforcement du capital humain maritime
Parallèlement au soutien financier aux entreprises, l'État intensifie ses investissements dans la formation des marins nigérians. Dans le cadre du programme de développement des gens de mer (NSDP), 333 cadets ont achevé leur cursus académique, tandis que 135 ont obtenu leur certificat de compétence (CoC). Par ailleurs, 7 059 marins ont bénéficié d'un placement à bord de navires pour acquérir l'expérience en mer nécessaire à leur carrière. Ces mesures visent à constituer une main-d'œuvre qualifiée capable de répondre aux besoins croissants d'une économie bleue en pleine restructuration.