Face à la multiplication des défis sécuritaires sur le continent, le Nigeria exhorte les États membres de l'Union africaine (UA) à intensifier leurs contributions au Fonds pour la paix. L'objectif est de garantir une autonomie financière durable pour les opérations de maintien de la paix, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs.
Un impératif de souveraineté financière
Lors de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l'UA à Luanda, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a souligné que la sécurité du continent ne peut reposer sur des financements incertains. Si le Fonds pour la paix a franchi le cap des 405 millions de dollars, dépassant l'objectif initial de capitalisation de 400 millions, le Nigeria insiste sur la nécessité d'atteindre la cible ambitieuse d'un milliard de dollars. Pour Abuja, les contributions des États membres doivent être perçues comme un investissement stratégique dans la souveraineté africaine plutôt que comme une simple obligation administrative.
Diversifier les mécanismes de financement
Au-delà des contributions classiques, le Nigeria préconise une approche innovante pour assurer des revenus prévisibles à long terme. La ministre a plaidé pour l'application intégrale de la décision de Kigali, qui prévoit un prélèvement de 0,2 % sur les importations éligibles. Parmi les pistes explorées figure la mise à disposition volontaire de terrains stratégiques par les États membres. Ces espaces pourraient être développés par le secteur privé ou des institutions financières multilatérales, générant ainsi des redevances annuelles au profit des mécanismes de paix de l'Union.
Transparence et efficacité opérationnelle
La pérennité de ces ressources dépendra étroitement de la rigueur de leur gestion. Le Nigeria insiste sur le fait que toute nouvelle stratégie de financement doit être adossée à des mécanismes stricts de transparence, de responsabilité et de supervision financière. À ce jour, environ 39 millions de dollars ont déjà été décaissés pour soutenir des initiatives de diplomatie préventive, des opérations de médiation et des interventions de soutien à la paix. Pour le gouvernement nigérian, l'assistance internationale doit rester un complément et ne jamais se substituer à la responsabilité première des nations africaines dans la gestion de leurs propres crises.