Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a appelé les parties prenantes de la zone géopolitique du Centre-Nord à dépasser les simples déclarations d'intention pour élaborer des stratégies de sécurité durables et mesurables. Lors du sommet régional sur la sécurité tenu à Makurdi, l'exécutif a insisté sur la nécessité de produire des recommandations assorties de calendriers précis et de responsabilités clairement identifiées, afin de transformer durablement la stabilité de cette région stratégique.
Dépasser le cloisonnement sécuritaire
Le chef de l'État a souligné que l'insécurité, marquée par le banditisme et les violences, ne respecte aucune frontière administrative. Il a exhorté les agences de sécurité, les gouvernements locaux et les communautés à mettre fin aux rivalités et au manque de partage d'informations qui entravent les interventions. Selon lui, la réponse ne peut être uniquement militaire : si la force permet de réprimer la violence, elle ne résout pas les griefs sous-jacents tels que les tensions foncières, les effets du changement climatique et la prolifération des armes illicites.
L'impératif d'une approche socio-économique
Pour le gouvernement fédéral, la sécurisation du Centre-Nord est indissociable du développement économique. Le président a mis en avant la transition vers une production d'élevage sédentaire, visant à réduire les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. Parallèlement, des programmes de réinsertion pour les anciens militaires sont envisagés pour sécuriser les zones dévastées, tandis que des investissements dans l'irrigation et les infrastructures rurales doivent transformer les vulnérabilités de la région en opportunités économiques.
Le rôle pivot des autorités locales
Le gouverneur de l'État de Benue, Hyacinth Alia, a rappelé que la sécurité du Centre-Nord est une question de souveraineté alimentaire nationale, la région étant un grenier vital pour le pays. Il a plaidé pour une implication accrue des chefs traditionnels et religieux, souvent les premiers informés des menaces émergentes. Cette vision est partagée par le ministre de la Défense, le général Christopher Musa, qui a appelé à une évaluation honnête des échecs passés. L'objectif affiché est de passer d'une logique de blâme à une coopération étroite, où chaque acteur local devient un maillon actif de la chaîne de renseignement et de prévention des conflits.