Le président nigérian Bola Tinubu a profité de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York pour exiger une transformation profonde de l'architecture mondiale. Par la voix de son vice-président Kashim Shettima, le Nigeria a réaffirmé que l'ordre international actuel, hérité de 1945, ne peut plus répondre aux défis de 2026.
Une exigence de représentativité au Conseil de sécurité
Le plaidoyer nigérian est clair : l'Afrique ne peut plus se contenter d'être un simple sujet à l'ordre du jour du Conseil de sécurité sans disposer d'un droit de regard décisionnel. En s'appuyant sur le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Sirte, le Nigeria réclame l'attribution d'au moins deux sièges permanents pour le continent, assortis d'un droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents. Pour Abuja, cette réforme est une condition sine qua non pour restaurer la légitimité d'une institution dont l'autorité morale dépend de sa capacité à représenter l'humanité dans sa diversité actuelle.
Multilatéralisme et résolution des conflits
Au-delà de la réforme structurelle, le Nigeria a lancé un appel à la fin des hostilités mondiales et au rejet du nationalisme croissant. Le pays, fort de son expérience dans les missions de maintien de la paix au Liberia, en Sierra Leone ou au Mali, se positionne comme un acteur clé de la stabilité régionale via la CEDEAO et l'Union africaine. Le président Tinubu a souligné que la sécurité nationale est intrinsèquement liée à la stabilité globale, rappelant que les conflits, qu'ils soient au Soudan ou ailleurs, exigent une diplomatie proactive plutôt que l'isolement.
Défis économiques et transition durable
Le discours a également mis en lumière l'urgence d'une réforme de l'architecture financière internationale. Le Nigeria pointe du doigt le poids insoutenable du service de la dette qui prive les nations en développement de ressources essentielles pour l'éducation, la santé et les infrastructures. Sur le plan climatique, le pays rejette l'opposition entre industrialisation et transition écologique. Tout en réaffirmant son engagement vers la neutralité carbone d'ici 2060, le Nigeria insiste sur la nécessité d'un transfert de technologies et d'un financement climatique équitable, rappelant que l'Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales tout en subissant les conséquences les plus lourdes du réchauffement.
Technologie et gouvernance responsable
Enfin, le Nigeria a réitéré sa volonté d'intégrer les nouvelles technologies, notamment l'intelligence artificielle, comme leviers de développement. En investissant dans les infrastructures numériques et l'entrepreneuriat technologique, le pays entend transformer ses engagements en résultats concrets. Pour Abuja, la confiance des citoyens ne peut être gagnée que par des décisions politiques qui améliorent directement les conditions de vie, tout en maintenant une vigilance constante face aux menaces cybernétiques et terroristes qui exploitent les failles de la coopération internationale.