Le Nigeria enregistre des indicateurs macroéconomiques en nette amélioration, marqués par une croissance du PIB en accélération et une charge de la dette publique en recul significatif. Le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, a confirmé cette trajectoire lors du Conseil économique national, soulignant que l'enjeu actuel est désormais de transformer cette stabilité retrouvée en une prospérité concrète pour l'ensemble de la population.
Des indicateurs macroéconomiques en phase de redressement
Les données officielles révèlent une dynamique positive : le taux de croissance réel du PIB a atteint 3,89 % au premier trimestre 2026, contre 3,13 % l'année précédente, avec des projections dépassant les 4 % pour l'ensemble de l'année. Parallèlement, l'inflation a amorcé une décrue notable, passant de 24,94 % en juillet 2025 à 15,43 % un an plus tard. La balance commerciale affiche également une santé robuste, avec un excédent ayant bondi de 17,7 billions de nairas en 2025 à 34,7 billions au premier trimestre 2026.
Allègement du service de la dette et reconnaissance internationale
La gestion de la dette publique constitue un pilier de cette stabilisation. Le ratio de la dette par rapport au PIB se maintient à un niveau modéré de 13,7 %, soit 159,28 billions de nairas. Plus significatif encore, le service de la dette par rapport aux revenus a chuté, passant de près de 100 % en 2022 à moins de 60 % en 2025. Cette discipline financière a été saluée par les agences de notation internationales, Fitch, Moody’s et S&P ayant toutes relevé la note souveraine du pays entre avril 2025 et mai 2026. Le Nigeria a également été réintégré dans la catégorie des « marchés frontières » et a quitté les listes de surveillance du GAFI et de l'Union européenne concernant le blanchiment d'argent.
Priorités stratégiques pour une croissance inclusive
Pour pérenniser ces acquis, le gouvernement nigérian cible cinq secteurs prioritaires : l'agriculture, l'énergie, l'industrie manufacturière, les mines et l'économie numérique. Ces domaines emploient 81,4 % de la population active, et leur développement est jugé indispensable pour réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté. Le ministre a toutefois tempéré cet optimisme en rappelant les défis persistants, notamment les risques liés aux conflits géopolitiques, aux chocs sur les matières premières et à la volatilité des changes. La gestion des cycles électoraux et la création d'emplois demeurent, selon les autorités, les conditions sine qua non pour traduire ces chiffres macroéconomiques en une amélioration réelle du niveau de vie des citoyens.