Le gouvernement nigérian estime que les réformes économiques engagées par l'administration du président Bola Tinubu commencent à porter leurs fruits. Après une période de turbulences marquées par la suppression des subventions sur les carburants et l'unification du marché des changes, les indicateurs macroéconomiques montrent des signes de stabilisation et de reprise.
Une performance économique inédite depuis 2015
Le conseiller spécial du président pour les questions économiques, Tope Fasua, a mis en avant le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 4,43 % enregistré au deuxième trimestre 2026. Ce chiffre constitue la performance la plus élevée observée au Nigeria depuis le premier trimestre 2015. Selon l'exécutif, cette dynamique témoigne d'une sortie progressive des chocs violents qui ont affecté le pays entre fin 2023 et 2024, période durant laquelle l'inflation et les prix à la consommation ont pesé lourdement sur l'activité.
Analyse du secteur manufacturier et des services
Face aux inquiétudes concernant la part du secteur manufacturier dans le PIB, le gouvernement apporte une nuance structurelle. Si la contribution manufacturière stagne autour de 7,7 %, les autorités expliquent ce phénomène par une croissance exponentielle du secteur des services à l'échelle nationale, plutôt que par un recul de l'activité industrielle elle-même. La baisse marginale de 0,01 % observée d'un trimestre à l'autre est ainsi présentée comme le résultat d'un rééquilibrage sectoriel au profit des services.
Cap sur la productivité et la continuité politique
Au-delà des chiffres de croissance, l'administration Tinubu souligne la solidité retrouvée du système financier, portée par la recapitalisation des banques, la vitalité du marché boursier et l'augmentation des investissements dans le secteur des assurances. Pour la suite, le gouvernement entend passer d'une phase de gestion des chocs immédiats à une stratégie axée sur l'accroissement de la productivité et la valorisation des ressources locales.
À l'approche des échéances électorales de 2027, le conseiller présidentiel a réaffirmé la volonté de l'exécutif de maintenir le cap des réformes actuelles. L'objectif affiché est de consolider les acquis de ces ajustements structurels, jugés douloureux mais nécessaires pour inscrire l'économie nigériane dans une trajectoire de croissance durable.