Face à la hausse des coûts de transport consécutive à la suppression des subventions sur l'essence en mai 2023, le gouvernement nigérian intensifie son programme de conversion des véhicules au gaz naturel comprimé (GNV). Cette initiative, pilier de la stratégie de diversification économique de l'administration Tinubu, s'accompagne d'investissements privés massifs et d'un déploiement infrastructurel visant à transformer durablement le secteur des transports.
Un déploiement industriel et financier d'envergure
Le ministre de l'Information et de l'Orientation nationale, Mohammed Idris, a annoncé que 120 000 véhicules ont déjà été convertis au GNV à travers le pays. Pour soutenir cette transition, le gouvernement a mobilisé environ 250 milliards de nairas, tandis que l'initiative a attiré 2,5 milliards de dollars d'investissements privés. Le maillage territorial s'étoffe avec 400 centres de conversion certifiés et 90 stations de ravitaillement opérationnelles, alors que 180 stations supplémentaires sont actuellement en cours de développement.
Les défis persistants de la transition énergétique
Malgré ces avancées, l'adoption du GNV se heurte à des obstacles structurels. Le coût de conversion, oscillant entre 750 000 et 2,5 millions de nairas par véhicule, reste un frein majeur pour de nombreux automobilistes déjà fragilisés par l'inflation. Par ailleurs, l'infrastructure actuelle demeure insuffisante pour répondre à la demande, provoquant des files d'attente prolongées et des pertes de temps opérationnel pour les transporteurs, des points de vigilance cruciaux pour la viabilité à long terme du projet.
Indicateurs macroéconomiques et perspectives de croissance
Au-delà du secteur énergétique, le gouvernement nigérian met en avant une amélioration de ses fondamentaux économiques. Le ministre a souligné une baisse significative de l'inflation, passée de 27 % en janvier 2025 à environ 15 %, ainsi qu'une accumulation des réserves extérieures dépassant les 54 milliards de dollars en septembre. Avec une croissance projetée supérieure à 4 % pour 2026, l'exécutif mise sur la consolidation de ces acquis pour améliorer le pouvoir d'achat des ménages, tout en poursuivant des investissements dans les infrastructures routières, la santé et l'éducation, notamment via le fonds de prêt aux étudiants NELFUND.