À la suite de la tentative de mutinerie survenue le 29 août dernier à Niamey, l'armée nigérienne a procédé à un inventaire complet de la Base 101. Cette opération a révélé la présence d'un arsenal de guerre d'une ampleur jugée disproportionnée, appartenant à des éléments de la Brigade spéciale de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR/COS).
Un inventaire militaire d'une ampleur inédite
Les autorités militaires ont mis au jour un stock d'équipements lourds et légers considérable. Le bilan officiel fait état de 34 pick-ups armés, deux véhicules blindés légers, ainsi que plusieurs dizaines de motos. L'armement saisi comprend 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG-7, 30 mitrailleuses PKM, un mortier de 82 mm, ainsi que des fusils de précision et des pistolets automatiques. Ce matériel, accompagné de munitions et de systèmes de communication, était destiné à des unités d'élite initialement formées pour la lutte contre le terrorisme et les trafics au sein de l'Alliance des États du Sahel.
La dérive d'une unité d'élite
La BSR/COS, créée après le coup d'État de juillet 2023, bénéficiait d'un équipement de pointe pour ses missions de sécurité. Selon les autorités, les mutins ont détourné ces moyens stratégiques pour mener des attaques contre plusieurs sites à travers la capitale. Le général de corps d'armée Salifou Mody, ministre de la Défense, a confirmé que ces assauts, visant notamment la base aérienne Diori Hamani, ont été neutralisés par les forces restées fidèles au gouvernement, incluant la garde présidentielle et les éléments d'Africa Corps.
Appel à la reddition et nouvelles mesures sécuritaires
Face à cette situation, l'état-major des Forces armées nigériennes (FAN), sous l'autorité du général de division Moussa Salaou Barmou, a lancé un appel direct aux soldats impliqués dans la mutinerie. Ces derniers sont invités à se présenter individuellement à l'École de gendarmerie de Niamey ou dans les brigades régionales pour restituer leurs équipements et réintégrer les rangs. Parallèlement, le ministère de l'Intérieur a durci les mesures de sécurité urbaine en interdisant formellement aux civils le port de tenues militaires ou d'insignes officiels, sous peine de sanctions judiciaires strictes. La population est également sollicitée pour signaler toute présence suspecte dans les quartiers de la capitale.