Le Premier ministre nigérien, Lamine Zeine Ali Mahaman, a profité de la tribune des Nations unies pour acter un changement de paradigme dans la gestion des richesses nationales. En dénonçant les déséquilibres historiques de l'exploitation minière et pétrolière, Niamey entend désormais imposer une souveraineté totale sur ses ressources stratégiques.
Une rupture avec l'exploitation historique des ressources
Le chef du gouvernement nigérien a qualifié d'injuste le modèle économique en vigueur depuis près de cinquante ans, où l'uranium local alimentait les réseaux électriques européens tandis que les populations nigériennes restaient privées d'accès à l'énergie. Cette ère est officiellement déclarée close par les autorités, qui exigent désormais une commercialisation transparente et exclusive des stocks nationaux sur le marché international. Parallèlement, le Niger, devenu exportateur de pétrole en 2024, affiche une résilience économique qu'il oppose aux prédictions d'effondrement liées aux sanctions internationales subies ces dernières années.
Sécurisation des institutions et enjeux de défense
Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a révélé qu'une troisième tentative de déstabilisation des institutions nigériennes a été déjouée dans la nuit du 27 au 28 août 2026. Attribuée à des « forces obscurantistes et colonialistes », cette opération a échoué grâce à la mobilisation des forces de défense et de sécurité. Des enquêtes sont actuellement en cours pour identifier les soutiens internes et externes impliqués dans ces manœuvres, alors que le pays cherche à consolider sa stabilité interne.
Partenariats stratégiques et posture diplomatique
La résilience du Niger s'appuie sur des alliances ciblées, notamment avec l'Algérie, dont les investissements dans l'exploitation des ressources et le soutien au système de défense sont mis en avant par Niamey. Le gouvernement nigérien rejette toute ingérence extérieure dans ses choix diplomatiques et conteste le rôle de « gendarme du monde » que pourraient s'arroger certaines puissances. Le pays appelle désormais l'ONU à traiter ses préoccupations sécuritaires avec une célérité accrue, tout en affirmant sa volonté de ne pas rechercher l'affrontement, mais d'exiger le respect strict de sa souveraineté nationale.