Le Niger engage une nouvelle phase de sa stratégie minière en renforçant ses liens avec les entités russes Uranium One Group et TENEX, filiales du géant public Rosatom. Cette accélération diplomatique et économique intervient dans un contexte de rupture marquée avec les intérêts français, après que Niamey a officiellement dénoncé devant les Nations unies une gestion passée jugée préjudiciable au développement national.
Un virage stratégique vers Moscou
Le 1er octobre 2026, le ministre nigérien des Mines, le Commissaire-Colonel-Major Ousmane Abarchi, a reçu des représentants russes pour concrétiser les engagements actés dans un mémorandum d'entente. L'objectif affiché par les autorités nigériennes est de transformer l'exploitation des ressources uranifères en un partenariat fondé sur des intérêts mutuels, rompant ainsi avec le modèle historique d'exportation qui, selon le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, n'a pas permis d'électrifier le pays malgré l'importance de sa production.
La fin de l'ère Orano et la nationalisation
Cette réorientation fait suite à une série de décisions radicales prises par Niamey, notamment le retrait du permis d'exploitation du gisement d'Imouraren au groupe français Orano. La suspension de la production à la Somaïr fin 2024, suivie de sa nationalisation en juin 2025, a acté le départ des opérateurs français. Le gouvernement nigérien cherche désormais à sécuriser de nouveaux débouchés pour son minerai, tout en affirmant sa souveraineté sur la gestion de ses actifs miniers.
Défis juridiques et souveraineté commerciale
La question de la commercialisation de l'uranium reste toutefois sous tension. Malgré une décision du CIRDI interdisant le transfert ou la vente du concentré d'uranium issu de la Somaïr, le gouvernement nigérien a procédé au déplacement de près de 1 000 tonnes vers Niamey. Le ministre des Mines a réaffirmé la volonté du pays de disposer librement de ses ressources, confirmant que des discussions sont en cours avec les partenaires russes pour la vente de ces stocks. Cette position place le Niger dans une confrontation directe avec les instances d'arbitrage international, tout en marquant une volonté ferme de redéfinir ses alliances économiques sur la scène mondiale.