Le gouvernement nigérien cherche à redéfinir les termes de l'exploitation de son uranium en se tournant vers la Chine. Lors de la 28e China Mining Conference and Exhibition à Tianjin, le ministre des Mines, Abarchi Ousmane, a entamé des pourparlers avec la China National Nuclear Corporation (CNNC) pour favoriser le transfert de technologies et une meilleure intégration industrielle de la ressource.
Vers une montée en gamme de la filière minière
L'ambition de Niamey est de dépasser le stade de l'extraction brute pour capter une part plus significative de la chaîne de valeur nucléaire. En intégrant des étapes telles que la conversion ou la fabrication de combustible, le Niger espère stimuler la création d'emplois qualifiés et le développement d'un tissu industriel local. Selon les données de l'OCDE et de l'Agence pour l'énergie nucléaire, une telle stratégie permettrait non seulement d'accroître les recettes fiscales, mais aussi de renforcer les compétences techniques nationales par la formation d'ingénieurs et de techniciens spécialisés.
Un historique de coopération avec la CNNC
Ce rapprochement s'appuie sur une expérience préalable entre les deux parties. La CNNC est en effet un acteur connu du paysage minier nigérien, ayant exploité le gisement d'Azelik à partir de 2006. Bien que ce site ait été mis en maintenance en 2014 après une production cumulée d'environ 670 tonnes, cette collaboration passée constitue une base opérationnelle pour les nouvelles discussions. Le potentiel du sous-sol nigérien reste significatif, avec une production enregistrée de 962 tonnes d'uranium en 2024, soit 1,6 % de la production mondiale selon l'US Geological Survey.
Les défis d'une transformation locale
Si l'objectif de Niamey est clair, la concrétisation d'une chaîne de valeur complète demeure un défi complexe. À ce stade, aucune décision officielle n'a été actée concernant la construction d'infrastructures lourdes de transformation sur le territoire nigérien. Les échanges actuels se concentrent sur l'exploration de nouvelles perspectives de coopération. La réussite de cette ambition dépendra de la capacité du pays à attirer des investissements technologiques durables, capables de transformer une ressource extractive en un moteur de croissance industrielle et de souveraineté économique.