Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a profité de la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies pour porter des accusations graves contre la France et l'Ukraine. Il a dénoncé une entreprise de déstabilisation du Sahel, tout en réaffirmant la souveraineté retrouvée de son pays et en saluant le partenariat stratégique noué avec l'Algérie.
Accusations de déstabilisation régionale
Le chef du gouvernement nigérien a qualifié la crise sécuritaire au Sahel de tentative de « récolonisation » orchestrée par des puissances étrangères. Selon ses déclarations, les violences terroristes ne seraient qu'un paravent destiné à masquer une convoitise accrue pour les ressources naturelles de la région. Ali Mahaman Lamine Zeine a nommément désigné la France comme le principal instigateur de cette déstabilisation, affirmant que cette stratégie bénéficie de la « complicité active » de l'Ukraine, des allégations qu'il assure être étayées par des documents.
Le renforcement du partenariat avec Alger
En opposition à cette pression internationale, le Niger a mis en avant la solidité de ses relations avec l'Algérie. Le Premier ministre a souligné que le soutien algérien s'étend bien au-delà de la coopération sécuritaire. Les deux nations collaborent désormais sur des projets structurants majeurs, incluant le développement de la route transsaharienne et d'un gazoduc tripartite. Ce partenariat englobe également des secteurs vitaux tels que l'agriculture, l'énergie, la santé et l'éducation, renforçant ainsi la résilience économique du pays face aux prédictions d'isolement formulées après le changement de régime de 2023.
Une nouvelle posture diplomatique au Sahel
Ces déclarations s'inscrivent dans une rupture profonde avec les anciens alliés occidentaux. Depuis le retrait des troupes françaises fin 2023, le Niger a consolidé son ancrage au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Mali et du Burkina Faso. Cette nouvelle dynamique régionale, marquée par un retrait de la CEDEAO, vise à affirmer une souveraineté totale sur les ressources du sous-sol nigérien. Le discours à l'ONU confirme la volonté des autorités de Niamey de porter leur vision des enjeux sahéliens sur la scène internationale, tout en s'appuyant sur des alliances régionales et continentales jugées plus alignées avec leurs intérêts nationaux.