À l'approche de l'échéance électorale de 2027, le Niger Delta Patriotic Front (NDPF) a formulé des exigences strictes à l'endroit de l'administration du président Bola Ahmed Tinubu. Le groupe menace de retirer son soutien au parti au pouvoir, l'APC, si des mesures concrètes ne sont pas prises pour désenclaver la région et relancer ses actifs industriels stratégiques.
Des infrastructures routières au cœur du contentieux
Le NDPF pointe du doigt l'état de délabrement prolongé de plusieurs axes routiers vitaux pour l'économie régionale. Le groupe exige une accélération immédiate des travaux sur la route Est-Ouest, ainsi que sur les axes Lagos-Benin-Asaba, Koko-Ogheye-Lekki et Benin-Sapele-Warri. Pour les responsables du mouvement, David Odeli et Timi Okubor, ces chantiers ne sont pas seulement des enjeux de mobilité, mais des conditions sine qua non pour maintenir une base électorale dans le Delta du Niger.
Critiques contre la gestion du ministère des Travaux
Le ministre des Travaux, Dave Umahi, est directement visé par les accusations du NDPF, qui dénonce une gestion jugée « sectionnelle » et discriminatoire. Le grief principal porte sur le tracé de l'autoroute côtière Lagos-Calabar, dont le projet actuel exclut des communautés côtières critiques situées dans les États d'Ondo et de Bayelsa. Le groupe souligne que cet oubli est d'autant plus préoccupant que ces zones, peuplées par les communautés Itsekiri, Ilaje et Ijaw, sont gravement menacées par l'érosion côtière et les montées des eaux.
Relance des actifs industriels en souffrance
Au-delà du réseau routier, le NDPF réclame une intervention urgente sur les infrastructures industrielles en état de coma. La remise en service des raffineries de Port-Harcourt et de Warri, ainsi que la réhabilitation de l'aciérie d'Ovwian-Aladja, dans l'État du Delta, figurent parmi les priorités listées. Le groupe affirme ne plus accepter les justifications liées à l'inaction gouvernementale concernant ces actifs, qu'il considère comme le moteur indispensable du développement économique local. Cette pression politique marque une volonté claire de transformer les besoins structurels de la région en un levier de négociation électorale directe avec le pouvoir central.