Le Niger déchoit provisoirement cinq personnalités de leur nationalité pour atteinte à la sûreté de l'État

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 60 lectures
Le Niger déchoit provisoirement cinq personnalités de leur nationalité pour atteinte à la sûreté de l'État

Le président nigérien Abdourahamane Tiani a acté, le 17 septembre 2026, la déchéance provisoire de la nationalité de cinq citoyens, parmi lesquels figure l'ancien Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou. Cette mesure, justifiée par les autorités par des accusations d'intelligence avec des puissances étrangères et d'atteinte à la sécurité publique, marque une nouvelle étape dans l'application d'un dispositif juridique controversé instauré en 2024.

Un cadre juridique renforcé pour les intérêts stratégiques

La décision s'appuie sur l'ordonnance n°2024-43 du 27 août 2024, ultérieurement modifiée par l'ordonnance n°2024-46 d'octobre de la même année. Ce texte législatif a instauré un mécanisme permettant de cibler des individus, groupes ou entités dont les activités sont jugées contraires aux intérêts stratégiques ou fondamentaux du pays. Avec ce récent décret, le nombre total de personnes ayant fait l'objet d'une déchéance provisoire de nationalité depuis la mise en place de ce fichier atteint désormais 25.

Des accusations multiples contre les personnalités visées

Outre l'ancien chef du gouvernement, le décret concerne Amadou dit Ange Barou Chekaraou, Oumarou Moussa Ibrahim, Ousmane Abdoul Moumouni et Boubacar Seyni Souley. Les autorités nigériennes leur reprochent un ensemble d'infractions allant de la diffusion de données perturbant l'ordre public à la diffamation par voie électronique. Le texte officiel mentionne également des actes visant à démoraliser l'armée et la Nation, des chefs d'accusation qui illustrent la volonté du pouvoir en place de verrouiller l'espace public et sécuritaire.

Le parcours institutionnel d'Ouhoumoudou Mahamadou

La déchéance visant Ouhoumoudou Mahamadou frappe une figure centrale de l'administration nigérienne des trois dernières décennies. Avant d'être nommé Premier ministre par Mohamed Bazoum en avril 2021, il a occupé des postes stratégiques au sein de l'État, notamment aux ministères des Mines et des Finances. Son expérience s'étend également à la sphère internationale, ayant exercé des fonctions au sein de la CEDEAO et collaboré avec des organisations américaines et des ONG internationales. Ce profil, qui combine une longue carrière dans le secteur public et une expertise régionale, souligne l'ampleur de la rupture politique opérée par les autorités actuelles à l'égard de l'ancienne administration.

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