Le Niger attire un investissement américain massif dans l'uranium pour contrer l'influence russe

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 73 lectures
Le Niger attire un investissement américain massif dans l'uranium pour contrer l'influence russe

La U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a validé une facilité de dette de 414,2 millions de dollars pour soutenir le projet uranifère de Dasa, opéré par le groupe canadien Global Atomic. Cette initiative stratégique, qui intervient dans un contexte de reconfiguration profonde des alliances au Niger, vise à sécuriser l'accès à une ressource critique tout en limitant l'influence croissante de la Russie dans le secteur minier nigérien.

Un projet d'envergure sous conditions

Le gisement de Dasa, présenté comme l'un des plus riches du continent, est détenu à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l'État nigérien via la Société Minière de Dasa. Si l'approbation de la DFC constitue un signal fort, le décaissement effectif des fonds reste soumis à plusieurs verrous. L'entreprise doit encore finaliser un accord direct avec le gouvernement nigérien, obtenir des garanties sur les modalités de remboursement et prolonger sa convention minière. Par ailleurs, la viabilité du projet dépendra de la résolution des défis logistiques liés à l'exportation du yellowcake, une problématique qui a déjà entravé les opérations d'autres acteurs dans la région.

La stratégie américaine face à la concurrence russe

Pour Washington, cet engagement financier dépasse le cadre d'un simple investissement minier. Le Niger, septième producteur mondial d'uranium, est perçu comme un pivot stratégique pour l'approvisionnement énergétique et militaire américain. L'administration américaine cherche activement à prévenir un basculement durable des ressources nigériennes sous influence russe, alors que Niamey a intensifié sa coopération sécuritaire avec Moscou depuis le départ des troupes américaines en 2024. En soutenant un acteur nord-américain, les États-Unis espèrent ancrer leur présence économique dans un secteur sensible.

Le recul de la présence française

Ce nouvel élan américain s'inscrit dans un paysage minier nigérien où la France a perdu ses positions historiques. En 2024, le groupe Orano a vu son permis d'exploitation du gisement d'Imouraren retiré par les autorités nigériennes, officiellement en raison d'un manque d'activité. Parallèlement, la production sur le site de Somaïr a été suspendue, faute d'autorisations d'exportation. Ce retrait contraint illustre la volonté de Niamey de reprendre le contrôle souverain sur ses ressources, tout en diversifiant ses partenaires économiques.

Des risques sécuritaires persistants

Malgré les perspectives de production commerciale prévues pour 2028, le projet Dasa demeure exposé à un environnement sécuritaire instable. Le site a été la cible d'attaques jihadistes par le passé, et le pays a récemment connu des tensions internes, notamment une tentative de mutinerie visant des infrastructures stratégiques. La capacité du projet à maintenir ses opérations dépendra donc autant de la solidité de son financement que de la stabilité sécuritaire du territoire nigérien.

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