Le ministre nigérien de la Justice a dénoncé ce soir l’expulsion de deux officiers nigériens et de leurs familles par la France, la qualifiant d’acte d’ingratitude grave. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’une détérioration des relations bilatérales depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023.
Expulsion et réaction du gouvernement nigérien
Dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’État RTN, Alio Daouda a affirmé que les deux agents, dont l’un était gravement blessé lors d’une mission en 2014, avaient été expulsés sans aucune reconnaissance de leurs services. Il a souligné que les faits étaient « accablants » et a promis que le Niger ne resterait pas silencieux face à ce qu’il considère comme un abandon de la part de la France.
Contexte des tensions franco‑nigériennes
Les relations entre Niamey et Paris se sont envenimées après le coup d’État qui a renversé le président Bazoum. Le gouvernement militaire a révoqué l’immunité diplomatique de l’ambassadeur français Sylvain Itté, exigé son expulsion, et a demandé le retrait complet des troupes françaises présentes sur le sol nigérien. Parallèlement, la France a fermé son ambassade à Niamey, marquant une rupture diplomatique majeure.
Détails sur les agents expulsés
L’un des officiers, identifié comme Abdul Razzaak Ibrahim Mousse Toro, aurait été blessé lors d’une opération à Diffa le 30 juillet 2014, mission qui, selon Niamey, était « suivie et payée » par la France. Après avoir été évacué en France pour recevoir des soins, il a été déclaré persona non grata le 16 septembre 2026, avec un délai de 48 heures pour quitter le pays, décision qu’il a contestée devant le tribunal administratif de Versailles, lequel a finalement annulé l’arrêté le 25 septembre.
Absence de réponse française et perspectives
À ce jour, le gouvernement français n’a pas publié de commentaire officiel sur les accusations du Niger. Le ministre de la Justice nigérien a toutefois rappelé que la coopération militaire, initiée et financée par la France, ne devait pas se solder par le rejet de personnel blessé et loyal. Il a conclu en affirmant que le Niger ne laisserait aucun de ses ressortissants abandonné, laissant ouverte la question d’éventuelles mesures de rétorsion ou de médiation internationale.