Le ngomu mauritanien, couscous traditionnel, devient un patrimoine culinaire à préserver et à exporter

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 65 lectures
Le ngomu mauritanien, couscous traditionnel, devient un patrimoine culinaire à préserver et à exporter

Le ngomu, nom local du couscous, occupe une place centrale dans la vie quotidienne et les cérémonies mauritaniennes. Au-delà d’un simple repas, il constitue un vecteur de cohésion sociale et un produit d’exportation qui pourrait bientôt être reconnu par l’UNESCO.

Le Carrefour Couscous : un lieu de rencontre et de transmission

Dans le quartier du même nom à Nouakchott, des femmes se rassemblent chaque matin pour préparer le ngomu selon un rituel précis : tamisage de la semoule, humidification, façonnage à la main, puis cuisson à la vapeur. Une fois la semoule prête, la viande, les légumes et les épices sont mijotés séparément avant d’être assemblés dans un grand plat. Cette préparation, qui peut durer plusieurs heures, se transforme en un moment de partage où les habitants échangent, vendent et dégustent le plat, renforçant ainsi les liens communautaires.

Exportation du couscous sec : un levier économique régional

Des entreprises locales transforment le ngomu en couscous sec, le tamisent, le laissent sécher sur des torchons propres, puis le conditionnent en sachets. Chaque année, des milliers de ces paquets sont expédiés vers les pays de la sous‑région, souvent à la demande de familles expatriées qui souhaitent offrir un goût de la Mauritanie à leurs proches. Cette filière crée des emplois, soutient les agriculteurs de blé et participe à la diversification des exportations du pays.

Institutionnalisation du patrimoine : école et ambition UNESCO

En 2021, le gouvernement mauritanien a lancé l’École nationale des métiers du tourisme, dont l’un des objectifs majeurs est de recenser et de transmettre les savoir‑faire culinaires comme le ngomu. Des formatrices sont formées aux techniques pédagogiques afin d’assurer la continuité du métier auprès des jeunes. Le directeur de l’école, Mohamedou Zein El Abidine, indique que la reconnaissance du ngomu comme patrimoine immatériel de l’UNESCO figure parmi les priorités, afin de valoriser la culture mauritanienne à l’échelle internationale.

Le ngomu, symbole de convivialité et d’identité

Au-delà de son aspect économique, le ngomu reste un plat de fête, présent lors des mariages et des grandes célébrations. Il rassemble familles et invités autour d’une même table, favorisant le dialogue et la transmission intergénérationnelle. Les témoignages de consommateurs, comme celui de Walid qui souligne la richesse des légumes qui l’accompagnent, illustrent l’attachement des Mauritaniens à ce mets, perçu comme un ambassadeur de leur identité culinaire.

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