Le National Democratic Congress (NDC) a réaffirmé son opposition à une élection totalement partisane des chefs des exécutifs métropolitains, municipaux et de district (MMDCE) au Ghana. Le parti soutient qu'une telle réforme risquerait de paralyser le développement local en créant des blocages institutionnels entre les autorités décentralisées et le gouvernement central.
Le risque de blocage entre pouvoir central et local
Rashid Tanko Computer, directeur adjoint des élections et des technologies de l'information du NDC, souligne que la culture politique ghanéenne rend périlleuse la cohabitation entre un exécutif local issu d'un parti d'opposition et un gouvernement central dirigé par une formation rivale. Selon lui, cette configuration pourrait entraver la mise en œuvre des politiques publiques dans les grandes agglomérations comme Accra ou Kumasi. Le NDC plaide pour une approche adaptée aux réalités nationales plutôt que pour une transposition directe de modèles démocratiques occidentaux, jugés inadaptés aux dynamiques de pouvoir locales.
Un processus de sélection hybride proposé
Face aux critiques, le NDC défend un modèle de sélection alternatif visant à concilier participation citoyenne et efficacité administrative. Ce mécanisme prévoit une présélection de cinq candidats, soumis à un entretien rigoureux devant la Commission de la fonction publique. À l'issue de cette étape, trois candidats seraient retenus pour un scrutin final au suffrage universel direct au sein du district concerné. Cette méthode se distingue du système actuel, où le Président nomme le candidat, lequel est ensuite soumis au vote des membres de l'assemblée locale.
Un débat national sur l'autonomie des districts
Cette prise de position intervient dans un contexte de vives discussions sur la réforme de la gouvernance locale au Ghana. Le modèle proposé par le gouvernement, soutenu par le NDC, cherche à limiter l'influence directe de l'exécutif central tout en évitant une politisation partisane totale. Cette vision se heurte toutefois à d'autres voix, notamment celle du Trades Union Congress (TUC), qui réclame une autonomie accrue pour les districts, exigeant que ces derniers puissent choisir leurs dirigeants sans aucune interférence du pouvoir central. L'enjeu reste de trouver un équilibre entre la légitimité démocratique des élus locaux et la nécessité d'une coordination harmonieuse avec les orientations nationales.