Face à la montée des spéculations entourant la gestion d'un cas d'Ebola, le Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC) monte au créneau. L'agence sanitaire appelle à la responsabilité médiatique pour contrer la désinformation, tout en réaffirmant la rigueur de son protocole de surveillance en cours.
Clarification sur l'évacuation sanitaire
Le directeur général du NCDC, le Dr Jide Idris, a fermement rejeté l'idée que l'évacuation vers la Suisse de la patiente index, revenue d'Ouganda, traduirait une déficience du système médical nigérian. Il a rappelé que la patiente a bénéficié d'une prise en charge clinique locale efficace avant son transfert dans un état stable. L'agence dénonce également l'instrumentalisation politique de cet événement, certains acteurs tentant de lier cette situation à des scénarios de confinement ou à une interférence avec les échéances électorales de 2027.
La lutte contre la désinformation
Le NCDC met en garde contre les déclarations prématurées qualifiant le Nigeria d'« Ebola-free ». Selon le Dr Idris, de telles affirmations, contredites par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), nuisent gravement à la vigilance citoyenne. L'agence insiste sur le maintien des gestes barrières et l'utilisation du numéro d'urgence 6232. Par ailleurs, le NCDC refuse catégoriquement de divulguer l'identité des patients ou de leurs contacts, soulignant qu'une telle exposition pousserait les personnes à se cacher, favorisant ainsi la propagation du virus au lieu de la contenir.
Surveillance et protocole en vigueur
À ce jour, 53 contacts primaires font l'objet d'un suivi quotidien strict. Trois individus ayant présenté des symptômes ont été testés négatifs. Le pays est entré dans une phase de surveillance de 42 jours, avec une échéance fixée au 7 décembre 2026 pour espérer une déclaration officielle de fin d'alerte par l'OMS. Le NCDC précise que les indemnités de quarantaine versées aux familles concernées ne constituent pas une rémunération liée à la maladie, mais un soutien pour compenser l'incapacité temporaire à travailler.
Appel à une éthique journalistique
Le Dr Idris a exhorté les médias à privilégier la vérification des faits via les canaux officiels plutôt que de céder au sensationnalisme. Il a rappelé que si la critique sur la préparation et le financement de la réponse sanitaire est légitime, elle doit se distinguer de la propagation de rumeurs. La protection des données personnelles des familles en quarantaine est présentée comme une condition sine qua non pour maintenir la confiance du public et garantir l'efficacité du traçage des contacts.