Une nouvelle tragédie humaine s'est déroulée lundi matin dans la Manche, où trois personnes ont perdu la vie lors d'une tentative de traversée clandestine vers la Grande-Bretagne. Ce drame porte à 22 le nombre de décès enregistrés dans cette zone depuis le début de l'année, illustrant la dangerosité persistante des routes migratoires maritimes.
Un bilan humain alourdi par la surcharge
L'embarcation, qui transportait 105 passagers, a lancé un appel à l'aide vers 8 heures, environ trois heures après son départ de Sangatte. Selon les autorités locales, le bateau était particulièrement surchargé. Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a indiqué que les trois victimes — deux femmes d'une trentaine d'années et un enfant de dix ans, vraisemblablement d'origine érythréenne — auraient été écrasées dans la cohue à bord. La mère de l'enfant ainsi que d'autres membres de sa famille se trouvaient sur le navire au moment des faits.
Opérations de secours et prise en charge
Malgré la détresse des passagers, le canot n'a pas coulé. L'intervention du navire de sauvetage Ridens, affrété par l'État, a permis de récupérer l'ensemble des personnes à bord après que celles-ci ont sollicité de l'aide. À leur arrivée au port de Calais, les rescapés ont été pris en charge par les services de secours. Huit passagers ont notamment nécessité une assistance médicale pour des traumatismes psychologiques, tandis que les autres ont été débarqués sous la surveillance des forces de l'ordre et des pompiers.
Les risques accrus de la méthode du taxi boat
Ce drame met en lumière les dangers de la technique dite du « taxi boat », de plus en plus observée dans le Pas-de-Calais. Cette méthode consiste à faire arriver une embarcation par le large pour récupérer les migrants directement dans l'eau, une manœuvre destinée à contourner la surveillance policière terrestre. Ces départs, souvent organisés dans des conditions précaires et chaotiques, augmentent considérablement les risques d'accidents mortels, comme en témoigne la découverte de trois autres corps la semaine précédente dans des circonstances similaires.