Le naufrage d'une embarcation au large de Djibouti souligne la dangerosité croissante de la route migratoire de l'Est

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Le naufrage d'une embarcation au large de Djibouti souligne la dangerosité croissante de la route migratoire de l'Est

Un naufrage survenu dans la nuit du 8 au 9 octobre près de Guhere, au nord d'Obock, a causé la mort d'au moins 109 personnes, tandis que 116 autres restent portées disparues. Ce drame, l'un des plus meurtriers enregistrés ces dernières années dans la région, frappe une route migratoire devenue le théâtre d'une crise humanitaire persistante malgré les risques extrêmes encourus par les candidats à l'exil.

Une tragédie sur la route de l'Est

L'embarcation, qui transportait 305 passagers en majorité éthiopiens, a chaviré peu après son départ en raison d'une surcharge manifeste. Selon les témoignages recueillis par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le navire a basculé vers l'arrière dès l'embarquement des passagers. Parmi les 109 corps retrouvés, les autorités ont identifié 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants. Si 80 survivants ont pu être secourus, les opérations de recherche se poursuivent pour tenter de localiser les disparus.

La persistance des flux migratoires malgré les conflits

Malgré la reprise des hostilités au Yémen début septembre, le flux de migrants en provenance d'Éthiopie ne faiblit pas. L'OIM a recensé plus de 20 000 arrivées à Djibouti depuis le 10 septembre. Cette persistance s'explique par la volonté des migrants d'atteindre les pays du Golfe, souvent dans l'espoir d'y trouver des opportunités économiques. Le désespoir est tel que certains passagers, déjà refoulés du Yémen par le passé, n'hésitent pas à retenter la traversée périlleuse du détroit de Bab el-Mandeb.

Un bilan humain en constante augmentation

La situation sur la « route de l'Est » atteint des niveaux critiques. L'année 2025 a été marquée par un bilan record de plus de 900 décès ou disparitions, une tendance qui s'inscrit dans une hausse de 18 % du nombre de personnes empruntant cet itinéraire. Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, environ 178 000 arrivées en provenance d'Éthiopie ont été comptabilisées. Face à cette situation, l'OIM apporte un soutien logistique, médical et alimentaire aux 64 rescapés pris en charge dans son centre d'Obock, alors que les autorités locales continuent de gérer les conséquences de ce naufrage.

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