Le naira nigérian se maintient autour de 1 345 N pour 1 dollar dans les marchés officiels, marquant une stabilité après des gains récents, mais le marché parallèle affiche des taux bien plus élevés, révélant des tensions persistantes.
Un taux officiel en légère hausse malgré des réserves record
Selon les dernières données disponibles, le naira s’échangeait à environ 1 345,94 N pour 1 dollar dans le marché officiel nigérian (NFEM) ce 27 août 2026. Ce taux, légèrement supérieur à celui de la veille (1 343,59 N), reflète une amélioration de la liquidité en devises et une hausse des réserves extérieures du pays, désormais à 53,34 milliards de dollars – un niveau inédit depuis 18 ans. Cette dynamique a permis au naira de gagner en fermeté, réduisant partiellement la pression sur la monnaie.
Le marché parallèle, miroir des déséquilibres persistants
Dans le même temps, le marché parallèle affiche des taux bien moins avantageux pour les particuliers et les entreprises. Le dollar s’y échangeait entre 1 398 N (achat) et 1 407 N (vente) à Lagos mercredi, tandis que d’autres sources le situaient à 1 405 N. Cet écart d’environ 60 N entre les deux marchés souligne les limites des réformes en cours et la persistance d’une demande forte en devises hors circuit officiel. La Banque centrale du Nigeria (CBN) rappelle d’ailleurs que ce marché n’est pas reconnu officiellement, mais son influence reste majeure pour les acteurs économiques.
Des facteurs structurels qui freinent une convergence totale
Malgré les progrès enregistrés, plusieurs obstacles expliquent la persistance de ces écarts. D’une part, la demande en dollars dans le marché informel reste soutenue, notamment pour les importations et les transferts personnels. D’autre part, les variations quotidiennes des taux parallèles, parfois plusieurs fois dans la journée, rendent toute planification difficile pour les ménages et les PME. Les opérateurs de change (Bureau De Change) ajustent leurs tarifs en fonction des volumes et des localités, ce qui complexifie encore la donne pour les utilisateurs finaux.
Quelles perspectives pour le naira ?
À court terme, la stabilité du naira dans les marchés officiels dépendra de la capacité des autorités à maintenir – voire à augmenter – les réserves de change et à stimuler davantage l’offre de dollars. Une réduction durable des écarts entre les deux marchés nécessiterait une amélioration de la confiance dans le système bancaire et une meilleure allocation des devises par la CBN. Pour les Nigérians, cela signifie que le choix entre marché officiel et parallèle restera dicté par des critères pratiques : rapidité d’accès aux devises, montants disponibles et tolérance au risque de change.