Le Musée d’Art Moderne de Paris inaugure, du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027, une rétrospective d'envergure dédiée à l'artiste américain Kerry James Marshall. Intitulée "The Histories", cette exposition constitue une première en France pour ce peintre majeur de la scène contemporaine internationale.
Une exploration de quatre décennies de création
Conçue en étroite collaboration avec l'artiste, cette exposition retrace plus de quarante ans de carrière à travers une sélection de soixante-dix œuvres. Le parcours, organisé de manière chrono-thématique, regroupe onze cycles de création produits entre 1980 et aujourd'hui. Le public pourra y découvrir des peintures, des gravures, des dessins et une sculpture, issus de collections privées et publiques d'Europe et d'Amérique du Nord. L'événement inclut également huit peintures inédites, créées spécifiquement pour cette présentation parisienne.
La figure noire au cœur du canon artistique
La démarche de Kerry James Marshall se distingue par sa volonté d'inscrire les personnes noires au centre de compositions monumentales, élevant le quotidien au rang d'épopée. L'artiste dialogue avec les codes de l'histoire de l'art occidental, notamment la peinture française du XIXe siècle, tout en y intégrant des influences issues de la culture populaire, de la bande dessinée, de la science-fiction et de l'Afrofuturisme. Son travail aborde des sujets historiques profonds, tels que la traite transatlantique et les luttes pour les droits civiques, en privilégiant une approche symbolique plutôt que la représentation directe de la violence.
Une ambition muséale inscrite dans la durée
Cette exposition est le fruit d'une collaboration internationale impliquant la Royal Academy of Arts de Londres et la Kunsthaus de Zurich. Pour le Musée d’Art Moderne de Paris, cet événement s'inscrit dans une politique de programmation visant à mettre en lumière des figures incontournables de la création noire américaine, dans la lignée des monographies consacrées par l'institution à Kara Walker en 2007 et à Jean-Michel Basquiat en 2010. En offrant cette visibilité à Kerry James Marshall, le musée confirme son rôle dans la reconnaissance des artistes qui redéfinissent les narrations historiques et esthétiques contemporaines.