À deux semaines de la convention extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) prévue le 17 octobre à Yaoundé, la course à la présidence s'intensifie. Pierre Emmanuel Binyam, candidat déclaré, a multiplié les déplacements dans la région de l'Ouest pour rallier les militants autour d'une ligne axée sur le respect strict des textes internes du parti.
Une tournée de terrain dans l'Ouest
Le 3 octobre 2026, Pierre Emmanuel Binyam a marqué une étape importante de sa campagne à Bafoussam. Accompagné de figures locales comme Me Jean Jacques Kengné, le secrétaire général adjoint n°2 du parti a tenu à souligner l'importance de la base militante. Au-delà des échanges politiques, ce déplacement a été marqué par une dimension symbolique forte : le candidat s'est recueilli sur la tombe d'Ernest Ouandié, une figure historique de la lutte politique camerounaise, affirmant ainsi son ancrage dans une certaine filiation idéologique.
La rigueur statutaire comme argument électoral
Au cœur du discours de M. Binyam figure la question de la conformité administrative des membres. Le candidat pointe du doigt des irrégularités lors des précédentes conventions de 2018, 2023 et 2025, affirmant que de nombreux délégués n'étaient pas à jour de leurs cotisations, en violation directe des statuts du parti. En insistant sur ce point, il cherche à mobiliser les militants autour d'une exigence de transparence et de respect des règles internes, un levier qui pourrait influencer le vote des délégués lors du scrutin à venir.
L'enjeu de la candidature de Maurice Kamto
La campagne de Pierre Emmanuel Binyam soulève également des questions stratégiques majeures pour l'avenir du MRC. Le candidat propose explicitement l'amendement de l'article 22, alinéa b, des textes fondateurs, une manœuvre visant à sécuriser la candidature du Pr Maurice Kamto à la prochaine élection présidentielle. Ce point cristallise les débats internes, alors que le parti doit définir sa ligne politique après le départ de son ancien dirigeant. Le duel annoncé entre Pierre Emmanuel Binyam et Tiriane Noah lors de la convention de Yaoundé sera le juge de paix de ces orientations divergentes.