Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a officiellement rejeté la décision du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de ne pas reconnaître la validité de la convention extraordinaire ayant reconduit Maurice Kamto à la présidence du parti. Cette confrontation institutionnelle souligne les tensions persistantes entre l'exécutif et l'une des principales forces d'opposition du pays, sur fond de désaccords profonds concernant la légalité des procédures internes.
Le refus de reconnaissance ministérielle
Dans une correspondance datée du 19 août 2026, le ministre de l’Administration territoriale a signifié au secrétariat général du MRC qu'il ne pouvait « prendre acte » des résolutions issues de la convention du 21 décembre 2025. Le ministère justifie cette position en invoquant le non-respect de l'article 3 de la loi n° 90/055 relative aux réunions et manifestations publiques, tout en s'appuyant sur des recours déposés par des membres exclus du parti, à l'instar de Joseph Thierry Okala Ebode.
La riposte juridique du MRC
Le directoire du parti a vivement réagi à cette injonction, qualifiant la démarche ministérielle de « tentative de déstabilisation ». Par la voix de son secrétaire général adjoint, Roger Justin Noah, le MRC a adressé une réponse formelle le 28 août 2026. Le parti conteste la qualification juridique des documents transmis par ses services, s'interrogeant sur la manière dont une simple lettre de transmission de documents a pu être requalifiée en « requête » par l'administration.
Un appel au respect de la loi sur les partis politiques
Au-delà de la controverse administrative, le MRC dénonce une atteinte directe à la liberté de fonctionnement des formations politiques. Le parti exhorte le ministre à se conformer strictement à la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990, qui régit le régime des partis politiques au Cameroun. Pour le MRC, cette ingérence du ministère dans la gestion interne de ses instances dirigeantes constitue un précédent préoccupant pour l'exercice des libertés publiques et le pluralisme politique dans le pays.