Khalidou dit Mbaye Sokoma, président du Mouvement Patriotique pour un Développement Durable (MPPD), plaide pour une transformation profonde du mode de scrutin au Sénégal. Sa proposition vise à instaurer la proportionnelle intégrale pour les élections législatives et locales, tout en renforçant la redevabilité des élus envers leurs territoires.
Vers une ouverture du champ électoral
La réforme suggérée par le leader du MPPD ne se limite pas au mode de calcul des sièges. Elle ambitionne d'élargir l'accès aux mandats électifs en autorisant les mouvements citoyens et les candidats indépendants à se présenter, brisant ainsi le monopole des partis politiques. Cette approche, qui inclurait sous conditions la société civile, vise à garantir que chaque élu demeure identifiable par ses administrés, tout en instaurant une obligation de reddition de comptes régulière. Les partis politiques, dans ce schéma, conserveraient une fonction d'accompagnement plutôt que de détention exclusive de la représentation nationale.
Réorganisation des scrutins locaux et territoriaux
Pour les élections municipales et départementales, le projet introduit l'exigence d'un second tour dans l'hypothèse où aucune liste n'atteindrait la majorité absolue de 50 % des suffrages. Cette mesure, qui nécessite une évaluation préalable des impacts juridiques et financiers, s'accompagne d'une volonté de territorialiser davantage l'organisation électorale. Khalidou dit Mbaye Sokoma propose d'impliquer les préfets et sous-préfets dans la préparation des scrutins, sous réserve d'un contrôle strict garantissant l'impartialité et l'égalité entre les candidats.
Spécificités administratives et contexte institutionnel
Le projet aborde également la gestion de proximité, notamment à Kaolack. L'idée est de restructurer la ville en créant trois ou quatre communes d'arrondissement, en s'appuyant sur des critères démographiques, fiscaux et infrastructurels. Cette réflexion émerge dans un climat politique marqué par la finalisation, en avril 2026, de quatre avant-projets de loi par la Présidence. Ces textes, issus des dialogues nationaux de 2024 et 2025, portent sur la Cour constitutionnelle, le Code électoral et le statut des partis politiques. Si ces réformes institutionnelles sont déjà engagées, la proposition du MPPD constitue une piste de réflexion distincte sur la mécanique électorale elle-même.