Le mouvement citoyen « Tabakh » conteste la méthodologie des commissions d'enquête parlementaires en cours au Sénégal, dénonçant une approche qu'il juge sélective et politiquement orientée. L'organisation appelle à une extension du champ des investigations pour inclure des dossiers financiers majeurs, notamment la gestion des fonds de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER).
Une remise en question de la méthode parlementaire
Pour les membres du mouvement « Tabakh » (Les Bâtisseurs), le travail actuel des commissions parlementaires manque d'impartialité. Ils reprochent aux députés de cibler prioritairement d'anciens responsables de l'État, une pratique qu'ils qualifient de stigmatisante pour les individus auditionnés. Selon le mouvement, cette focalisation sur des personnalités spécifiques occulterait une vision plus globale et nécessaire de la reddition des comptes au sein de l'appareil d'État.
Exigences de transparence sur les marchés publics
Au-delà de la critique sur la forme, le mouvement formule des demandes précises concernant l'usage des deniers publics. Au cœur de leurs revendications figure la lumière sur les 37 milliards de francs CFA liés à l'ASER, un dossier qu'ils estiment devoir être traité avec une transparence totale. Le mouvement élargit ses préoccupations à d'autres secteurs, exigeant un audit sur les fonds alloués à la « Case des tout-petits » ainsi qu'une vérification rigoureuse des conditions d'acquisition des véhicules destinés aux responsables politiques et aux membres de l'Assemblée nationale.
Critique de la gouvernance législative
Le mouvement « Tabakh » ne limite pas ses griefs aux seules commissions d'enquête. Il porte un jugement sévère sur l'exercice actuel du pouvoir législatif, qualifiant la législature en place d'inefficace. En réclamant une extension des investigations aux marchés passés par l'Assemblée nationale elle-même, le mouvement cherche à instaurer un contrôle citoyen sur l'ensemble de la chaîne de décision publique. Cette interpellation souligne une demande croissante de redevabilité, alors que les citoyens exigent désormais que les mécanismes de contrôle parlementaire ne soient pas perçus comme des outils de règlement de comptes, mais comme des instruments au service de la transparence financière.