Le mouvement Kiiray, fer de lance du parti présidentiel, multiplie les initiatives pour consolider sa base en Casamance et structurer son influence au sein de la diaspora. Cette offensive politique, marquée par une récente tournée du ministre des Forces armées Yankhoba Diémé, vise à renforcer la présence du pouvoir dans le sud du pays tout en clarifiant ses orientations programmatiques.
Une stratégie de proximité en Casamance
La tournée de Yankhoba Diémé a été conçue comme une mission de contact direct avec les autorités religieuses et coutumières de la région. De Bignona à Oussouye, en passant par Ziguinchor, le ministre a multiplié les échanges avec des figures locales, dont le roi Sibiloume Diédhiou et plusieurs imams ratibs. Au-delà du protocole, ces rencontres ont permis d'aborder des dossiers d'infrastructures stratégiques, notamment la construction du deuxième pont de Ziguinchor et la réhabilitation de plusieurs axes routiers majeurs, présentés comme des engagements prioritaires du président Bassirou Diomaye Faye.
La controverse des fonds politiques
Dans un contexte de débat national sur la gestion des ressources publiques, le Dr Ibrahima Badji, coordinateur de Kiiray en Gambie, a pris position pour défendre le principe des fonds politiques. Il soutient que ces ressources, utilisées par les administrations précédentes, demeurent un outil nécessaire pour le soutien aux familles religieuses et aux citoyens en situation de vulnérabilité. Cette prise de parole s'inscrit dans une volonté de contrer ce que le mouvement qualifie de désinformation, notamment après des rumeurs sur l'accueil réservé au ministre lors de son passage à Bignona.
Mobilisation et structuration de la diaspora
Le mouvement cherche désormais à transformer cette dynamique locale en une force transfrontalière. Une séance d'information a récemment réuni des représentants de la Casamance, de la Gambie et de la Guinée-Bissau pour coordonner l'implantation du parti. Ibrahima Badji appelle activement la diaspora à rejoindre Kiiray, s'appuyant sur des valeurs qu'il qualifie de patriotiques et républicaines. Des rencontres sont prévues avec les Sénégalais établis à l'étranger pour structurer cette base militante, dans le sillage de la vaste réorganisation politique initiée par la fusion de plusieurs centaines de partis le 25 juillet dernier.