Face aux inquiétudes croissantes concernant une possible dérive autoritaire au Sénégal, le mouvement KIIRAAY, par la voix de Mouhamed Moustapha Diagne, appelle à la formation d'un « Grand Bloc Républicain ». Cette initiative transpartisane vise à sanctuariser les institutions nationales en se ralliant autour de la figure du président Bassirou Diomaye Faye, présenté comme un rempart contre les velléités hégémoniques.
La crainte d'une dérive vers un Parti-État
Le diagnostic posé par Mouhamed Moustapha Diagne souligne une dégradation préoccupante du climat politique depuis l'alternance. Le texte dénonce une stratégie d'inféodation de la justice au pouvoir exécutif, accompagnée d'une multiplication des interpellations visant des journalistes, des acteurs de la société civile et des opposants politiques. Selon cette analyse, ces pratiques menaceraient de transformer le paysage démocratique sénégalais en un système de « Parti-État », où le débat public serait étouffé par le populisme et la violence verbale.
Le rôle d'arbitre du chef de l'État
Au cœur de cette proposition se trouve une lecture spécifique de la posture du président Bassirou Diomaye Faye. Le mouvement KIIRAAY estime que le chef de l'État a entamé une rupture interne en prenant ses distances avec la frange la plus radicale du PASTEF. En se positionnant comme le garant de la Constitution et de l'État de droit, le président est perçu comme un arbitre cherchant à privilégier l'intérêt supérieur de la nation sur les loyautés partisanes, un choix qualifié d'acte de courage politique.
Un appel au dépassement des clivages
L'enjeu central de cet appel est de redéfinir la ligne de fracture politique au Sénégal. Il ne s'agirait plus d'une opposition classique entre pouvoir et opposition, mais d'un front commun entre les défenseurs des acquis démocratiques et les promoteurs d'une dérive autocratique. Pour préserver la cohésion nationale, le mouvement invite les socialistes, libéraux, conservateurs et mouvements citoyens à s'unir. Cette union sacrée est présentée comme une nécessité patriotique pour protéger les régulateurs traditionnels de la société sénégalaise, tels que les confréries et les chefs coutumiers, face aux tensions actuelles.