Le Conseil national du Mouvement Echaab a exprimé, lors de sa session ordinaire du 20 septembre 2026, une vive inquiétude face à la situation politique et sociale en Tunisie. Le parti nationaliste arabe dénonce une intensification des atteintes aux libertés individuelles et une gestion étatique jugée défaillante, exacerbant la précarité des citoyens.
Une dégradation des libertés publiques
Le Mouvement Echaab pointe du doigt une répression croissante ciblant journalistes, militants politiques et défenseurs des droits humains. Le parti conteste fermement la légalité des incarcérations actuelles, citant les cas de Lassaad Yacoubi et Khaled Krichi, et dénonce la fabrication de dossiers judiciaires sans fondement. Par ailleurs, le Conseil a exprimé sa préoccupation concernant l'état de santé des militants de la « Flottille Soumoud », actuellement en grève de la faim en détention.
Échec économique et crise des services de base
Au-delà du climat politique, le parti dresse un bilan sévère de la gestion gouvernementale des cinq dernières années. Selon le Conseil, l'obstination du pouvoir à monopoliser la prise de décision a conduit à une paralysie des infrastructures essentielles, notamment dans les secteurs de l'eau, de l'électricité, de la santé et des transports. Cette situation, marquée par un recul des investissements et une dépendance accrue à l'endettement, est perçue comme une menace directe pour la dignité des citoyens et l'avenir du pays.
Appel à une dynamique politique nationale
Face à ce qu'il qualifie d'impasse, le Mouvement Echaab met en garde contre une polarisation binaire du paysage politique tunisien. Le parti rejette à la fois l'impuissance du pouvoir en place et les appels de certaines forces politiques à une intervention étrangère ou à des alliances régionales. Le Conseil national exhorte les acteurs de la société civile et les forces nationales à s'unir pour instaurer une alternative politique autonome, capable de répondre aux attentes populaires sans céder aux ingérences extérieures.
Positionnement sur les enjeux régionaux
Sur le plan international, le Mouvement Echaab réaffirme son attachement à l'option de la résistance. Le parti condamne l'ingérence étrangère au Maghreb et dans le voisinage africain, tout en critiquant vivement la normalisation avec Israël. Le Conseil appelle également à une unité accrue au Yémen pour contrer les influences hostiles et réitère son soutien à l'Iran, prônant des relations fondées sur le bon voisinage et les intérêts communs.