Suite à la manifestation du 5 septembre à Dakar, le collectif à l'origine du hashtag #30jourspourlejusteprix voit son appel se propager massivement sur les réseaux sociaux, où des milliers d'internautes partagent leurs expériences de la hausse des prix, tant au Sénégal qu'au sein de la diaspora.
Le hashtag #30jourspourlejusteprix mobilise les Sénégalais
Le mouvement, initié par un groupe d'influenceurs et de citoyens qui se revendiquent apolitique, a choisi le hashtag #30jourspourlejusteprix pour fédérer les témoignages. En quelques heures après la marche du 5 septembre, des vidéos et des posts affluent sur TikTok, X et Instagram, montrant des Sénégalais de toutes origines dénoncer la cherté de la vie quotidienne. Le collectif indique que sa plateforme en ligne compte déjà 7 000 utilisateurs inscrits pour signaler les excès de prix.
Témoignages viraux illustrent l’ampleur de la hausse des prix
Parmi les contributions les plus visibles, Ouma Hani, influenceuse franco‑sénégalaise, a recueilli des dizaines de milliers de vues en comparant le coût de la viande au Sénégal à celui qu’elle paie en France. Elle interroge : « Comment nourrir une famille avec le prix actuel de la viande ? » D’autres internautes dénoncent des loyers, le prix de l’électricité et les frais de loisirs qu’ils jugent « anormaux » et « hors sol ». Ces récits, jamais aussi largement partagés, soulignent la perception d’une inflation qui touche l’ensemble du pays, avec une concentration particulière à Dakar.
Les réseaux sociaux comme levier de mobilisation citoyenne
Dieynaba Ndiaye, l’une des porte‑voix du mouvement, décrit les réseaux comme une « arme » capable de rassembler les Sénégalais autour d’un même combat. Elle explique que la visibilité offerte par ces plateformes permet à chaque citoyen de se reconnaître dans la lutte et d’alimenter une base de données publique recensant les secteurs les plus touchés. Cette approche collective vise à rendre la problématique de la vie chère plus transparente pour les décideurs et le grand public.
Objectifs et perspectives du collectif
Le projet s’étend sur les trente jours de septembre, période pendant laquelle le collectif encourage les participants à documenter chaque hausse jugée abusive. L’objectif affiché est de dresser un état des lieux détaillé des prix dans les principaux secteurs afin d’alimenter le débat public et, potentiellement, d’influencer les politiques économiques. Bien que certains observateurs les accusent d’une proximité avec le parti du Pastef, les organisateurs insistent sur le caractère citoyen et non partisan de l’initiative, rappelant que la lutte contre la vie chère dépasse les clivages politiques.