La 91e édition du Mondial de l'Auto s'ouvre à Paris dans un climat de transformation profonde pour le secteur automobile européen. Entre la montée en puissance des constructeurs chinois et les ambitions technologiques liées à l'intelligence artificielle, le salon devient le théâtre d'une bataille pour la souveraineté industrielle du continent.
L'essor des véhicules autonomes comme enjeu stratégique
Alors que les robots-taxis deviennent une réalité opérationnelle aux États-Unis et en Chine, l'Europe cherche à rattraper son retard. Le développement de ces technologies, situées à la croisée de l'automobile et de l'intelligence artificielle, est désormais une priorité affichée. Le groupe Renault a notamment confirmé son intérêt pour ce segment, multipliant les projets pilotes pour ne pas laisser le champ libre aux acteurs internationaux, à l'instar de Tesla ou de la marque chinoise Xpeng, présents sur le salon.
La pression concurrentielle des constructeurs chinois
La présence massive de 25 constructeurs chinois sur la soixantaine d'exposants illustre la nouvelle donne du marché européen, où ces marques captent désormais plus de 10 % des ventes. Face à cette dynamique, les autorités françaises et européennes tentent de protéger l'industrie locale. L'accord récent visant à plafonner les importations de véhicules hybrides chinois est présenté comme un levier pour contrer ce qui est qualifié de concurrence déloyale, tout en encourageant les industriels européens à accélérer sur l'électrification et la réduction des coûts de fabrication des batteries.
Un secteur automobile au cœur de l'économie européenne
Le Mondial de l'Auto ne se limite pas à une exposition de modèles, comme la future 2CV électrique de Citroën, mais constitue un sommet politique et économique. Avec un secteur automobile représentant environ 7 % du PIB et 7 % des emplois de l'Union européenne, les enjeux sont cruciaux. Le sommet organisé par la Plateforme automobile (PFA) réunit dirigeants de grands groupes, comme Stellantis et Volkswagen, et décideurs politiques pour débattre de l'Industrial Accelerator Act (IAA). Ce dispositif vise à renforcer la compétitivité européenne face à un marché jugé difficile, où l'innovation technologique est devenue la condition sine qua non de la survie des constructeurs historiques.