Le ministre sénégalais de l'Enseignement supérieur dénonce la transformation du budget du programme « Un étudiant, un ordinateur » de 48 milliards de CFA

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Le ministre sénégalais de l'Enseignement supérieur dénonce la transformation du budget du programme « Un étudiant, un ordinateur » de 48 milliards de CFA

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Boubacar Camara, a confirmé que le programme « Un étudiant, un ordinateur », d’un montant de 48 milliards de francs CFA lancé en 2017, n’a pas abouti à l’achat d’appareils mais à la remise d’argent aux bénéficiaires, déclenchant un débat sur la gestion des fonds publics.

Un dispositif lancé en 2017 pour équiper les étudiants

Le dispositif « Un étudiant, un ordinateur » a été voté par l’Assemblée nationale dans le cadre d’une politique visant à réduire la fracture numérique dans l’enseignement supérieur sénégalais. Le budget alloué, estimé à 48 milliards de francs CFA, devait financer l’acquisition massive de machines pour les étudiants des universités publiques.

Le constat du ministre à son arrivée

Interrogé sur l’avancement du programme, Boubacar Camara a déclaré : « Quand je suis arrivé, j’ai constaté que le budget avait été transformé. Au lieu d’acheter des ordinateurs, ils ont donné de l’argent à la place des machines. C’est quelque chose que je n’ai jamais vu… ». Cette affirmation indique une déviation de l’objectif initial, où les fonds alloués ont été distribués sous forme monétaire plutôt que sous forme d’équipements informatiques.

Implications pour la transparence et la politique éducative

Cette révélation soulève plusieurs enjeux. D’une part, la transformation du budget remet en question la traçabilité des dépenses publiques et la capacité des institutions à garantir l’usage prévu des fonds. D’autre part, l’absence d’ordinateurs compromet les objectifs de modernisation de l’enseignement supérieur, notamment l’accès aux ressources numériques et la compétitivité des diplômés sénégalais sur le marché du travail. Les acteurs de la société civile et les parlementaires pourraient demander un audit complet afin de clarifier les flux financiers et d’identifier les responsables de cette dérive.

Perspectives et réponses attendues

Le ministère a indiqué qu’il allait lancer une enquête interne pour vérifier les allégations et envisager des mesures correctives. Si les faits sont avérés, le gouvernement pourrait être contraint de réaffecter les sommes concernées à l’achat effectif d’ordinateurs ou de lancer un nouveau appel d’offres transparent. Le débat s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la mauvaise gestion des dépenses publiques en Afrique de l’Ouest, où la pression de la société civile pour plus de redevabilité s’intensifie.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.