Lors d’une conférence de presse à New York, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reproché à l’Espagne de ne pas garantir le retour des migrants en situation irrégulière et des mineurs non accompagnés, rappelant que la responsabilité incombe exclusivement à Madrid.
Déclaration de Nasser Bourita à l’Assemblée générale de l’ONU
À l’issue d’entretiens bilatéraux avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, le ministre marocain a exprimé, devant les médias, que le Maroc maintient une « position claire » en faveur du rapatriement de tous les migrants illégaux et des enfants non accompagnés. Il a souligné que, si ces retours ne sont pas effectués, la question ne doit pas être posée au Maroc mais directement à l’Espagne, qui, selon lui, fait face à des « polémiques, obstacles et difficultés » propres à sa politique migratoire.
Responsabilité du retour des migrants selon le Maroc
Bourita a rappelé que le partenariat entre les deux pays ne doit pas être construit sur des « réquisitoires infondés et une rhétorique stérile ». Il a critiqué les déclarations de certains responsables politiques espagnols, les accusant de méconnaître la valeur du partenariat et d’ignorer la réalité du Maroc actuel ainsi que sa gestion de la migration. Le ministre a insisté sur le fait que le Maroc ne peut être tenu responsable des retours qui, selon lui, relèvent de la compétence exclusive de l’Espagne.
Implications pour le partenariat Maroc‑Espagne
En qualifiant le débat actuel de « stérile » et alimenté par des « acteurs politiques d’envergure » qui versent dans la polémique, Bourita a mis en garde contre une détérioration du voisinage et du dialogue bilatéral. Il a appelé à un échange fondé sur le respect mutuel et la coopération, plutôt que sur des accusations gratuites. Cette prise de position intervient dans un contexte où la pression migratoire sur les frontières sud de l’Espagne reste élevée, et où les deux États cherchent à concilier sécurité, droits humains et gestion efficace des flux migratoires.