Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a adressé un avertissement formel aux magistrats et officiers de police judiciaire de Kankan. Lors d'une visite officielle le 9 octobre 2026, il a dénoncé les dysfonctionnements persistants de la chaîne pénale et a promis d'user de ses prérogatives de sanction pour garantir l'efficacité du service public de la justice.
Lutte contre l'inertie judiciaire
Le Garde des Sceaux a pointé du doigt la lenteur excessive dans le traitement des dossiers et la délivrance tardive des décisions. Il a rappelé une exigence légale stricte : en matière pénale, une décision doit être rédigée et disponible dans un délai de trois jours après son prononcé. Le ministre a déploré que des justiciables attendent parfois des mois, voire des années, pour obtenir une copie d'un jugement, rendant ainsi l'acte judiciaire inopérant. Pour le ministre, cette situation est inadmissible et constitue un manquement grave aux obligations professionnelles des magistrats.
L'impératif de l'exécution des décisions
Au-delà de la rédaction des jugements, le ministre a insisté sur la responsabilité des chefs de juridiction, notamment le président du tribunal et le procureur de la République, dans le suivi effectif des dossiers. Il a souligné qu'une décision de justice n'a de valeur que si elle est exécutée. Les magistrats ont été exhortés à ne pas se limiter au prononcé du verdict, mais à s'assurer de sa mise en œuvre concrète. Ce suivi est présenté comme une condition sine qua non pour éviter que les citoyens ne se détournent de l'institution judiciaire.
Prévenir le risque de justice privée
L'enjeu de cette intervention dépasse la simple gestion administrative. Le ministre a mis en garde contre les conséquences sociales d'une justice défaillante : lorsque les citoyens ne se sentent ni écoutés ni servis par l'institution, le risque de recours à la justice privée augmente. En insistant sur le respect des tarifs réglementaires pour les actes judiciaires et sur la célérité des procédures, le gouvernement cherche à restaurer la confiance des justiciables envers l'État. Le ministre a conclu en rappelant que les services d'inspection seront désormais mobilisés pour veiller à l'application stricte de ces directives sur le terrain.